Revue des marchés mensuelle

Janvier 2020

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Encouragés par la signature de l’entente commerciale, phase 1, entre les États-Unis et la Chine, les marchés boursiers ont entamé l’année en force, malgré l’escalade des tensions géopolitiques entre l’Iran et les États-Unis. Aussi, les premières publications des performances financières des entreprises américaines pour le 4e trimestre de l’année, tout comme les statistiques sur le marché de l’emploi du mois de décembre publié en janvier, ont satisfait les investisseurs et contribuées à l’avancement des indices boursiers américains vers de nouveaux records.

Toutefois, l’annonce du 19 janvier d’un premier cas de coronavirus aux États-Unis dans l’état de Washington a refroidi cet élan boursier. La diffusion du coronavirus à l’extérieur de la Chine et son risque de ralentissement de l’économie mondiale a fait bondir de +37% l’indice de peur VIX. L’impact de ce virus sur l’activité économique chinoise et mondiale est inconnu, mais sera certainement plus important qu’en 2003 lorsque le SRAS avait troublé les marchés. L’économie chinoise représente maintenant 15,8% de l’économie mondiale comparativement à 4,2% à l’époque.

Plusieurs entreprises opérant en Chine ont vite été incommodées par ce virus, dont le producteur d’iPhone Foxconn qui produit la moitié de tous les téléphones Apple. Situé dans la ville de Zhengzhou et employant près de 200,000 personnes à la production du populaire téléphone, Foxconn a dû arrêter toutes ses opérations. Autre exemple, l’entreprise Starbucks qui génère 10% de ses ventes totales en Chine a fermé la moitié de ses 4,100 lieux de vente en Chine. Ces deux entreprises ont perdu respectivement 9,9% et 9,5% lors des dernières séances boursières de janvier.

L’indice d’actions chinoises MSCI Chine a perdu 4,8%, le MSCI ACWI, indice mondial de pays développés et émergents, a quant à lui, reculé de 1,1%. Rappelons que ces indices avaient produit en janvier 2019 des hausses respectives de 11,1% et 7,9%. Sur le marché des devises, comme le huard a perdu 1,8% contre le billet vert et 0,5% contre l’euro, les placements en devise étrangère ont rapporté un gain de devise appréciable pour un investisseur canadien.

Comme les commodités sont vulnérables aux perturbations sur la croissance économique chinoise, le pétrole (-15,6%), le gaz naturel (-15,9%) et le cuivre (-10,0%) ont notamment souffert. La performance boursière de janvier fut difficile pour les gestionnaires qui préconisent le style de gestion valeur et qui détiennent des titres cycliques reliés aux prix des commodités. Conséquemment, l’indice des actions valeur a sous-performé celui des actions croissance par 4,5% durant le mois. Cependant, les gestionnaires de portefeuilles sondés à ce sujet sont d’avis que la dispersion de ce virus semble se contenir et bien que ce virus ait un effet sur les résultats à court terme, il n’affectera pas les résultats à long terme et pourrait provoquer des opportunités d’achats.

Somme toute, l’incertitude provoquée par ce virus a élevé le niveau de risque de marché boursier et favorisé les titres obligataires. Les taux d’intérêt se sont fortement repliés tout au long de la courbe de taux d’intérêt au Canada poussant le rendement de l’indice d’obligations canadiennes à +2,9% pour le mois. Au 31 janvier, l’obligation du gouvernement canadien 10 ans rapportait +1,29% de rendement (en baisse de -0,43% par rapport au mois passé) et comparativement à une obligation 2 ans qui rapportait +1,44% de rendement.

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Décembre 2019

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En décembre, les marchés mondiaux ont clos une très bonne année 2019 sur un autre bon mois. L’indice phare du marché américain, le S&P 500, a enregistré une performance de + 0,7 % ($ CA) en décembre pour terminer l’année en hausse de +25,2 % ($ CA). La performance de la S&P/TSX pour le marché canadien fut plus modeste avec +0,5 %, mais l’indice canadien finit tout de même 2019 en hausse de 22,9 %. De leurs côtés, les actions internationales et les actions des pays émergents ont terminé 2019 avec des hausses en décembre de +0,9 % (MSCI EAFE, $C) et de +5,1 % (MSCI EM, $C) pour des rendements annuels de +16,8 % ($ CA) et +13,2 % ($ CA), respectivement. Du côté de l’univers obligataire canadien, bien que le rendement pour l’année soit plus que respectable à 6,9 %, le mois de décembre fut plus difficile avec une performance négative de -1,2 % après le redressement des taux d’intérêt, notamment le taux 5 ans qui gagna +0,2 % durant le mois.

L’année 2019 fut une année où la performance des marchés contrasta fortement avec le climat d’incertitude qui régna au niveau géopolitique. Néanmoins, l’année 2019 est un bon exemple de l’anticipation dont font preuve les marchés financiers. En effet, pour l’ensemble des marchés mondiaux, l’expansion des multiples cours/bénéfices explique pratiquement la totalité de la hausse des différents indices selon une analyse de la banque américaine JP Morgan. Pour certaines régions, le Japon et les pays émergents notamment, il y a même eu un recul des bénéfices. Un mouvement des multiples à la hausse indique que les investisseurs anticipent une amélioration des conditions futures et inversement pour une contraction. En 2019, le support des banques centrales pour contrer le ralentissement manufacturier conjointement aux signes d’apaisement au niveau des tensions commerciales avec un accord partiel entre la Chine et les États-Unis sont deux facteurs ayant contribué au regain modéré d’optimisme cet automne.

Où cela nous laisse-t-il pour 2020 ? Les différents marchés, notamment le marché américain, se retrouvent de nouveau à des niveaux de valorisation historiquement élevés, similaires à ceux atteints à la fin 2017. Il est donc important que les résultats d’entreprises reflètent éventuellement les anticipations positives qui ont poussé les marchés à la hausse à la fin 2019, sinon les multiples pourraient se contracter. Du côté des banques centrales, la Fed a annoncé que pour l’instant les trois baisses de taux de 2019 devraient suffire et qu’elle observait l’évolution de la situation. Sur le front commercial, en temps normal, on pourrait présager qu’une année d’élection aux États-Unis ferait en sorte que le tout se calme un peu, mais l’administration américaine actuelle n’est plus à une surprise près. Du côté économique, pour l’instant le secteur des services continue de soutenir la croissance dans les principaux pays développés et certains chiffres provenant d’Asie, notamment les exportations coréennes, semblent indiquer une certaine stabilisation. Nous continuons donc de préconiser une approche disciplinée et prudente.

Avec la décennie qui vient de se terminer, la tradition veut qu’un bilan s’impose. Pour les marchés financiers, la domination du marché américain a été impressionnante avec une performance annualisée de 13,6 % (S&P 500, $ US) largement supérieure aux performances des autres régions. À titre comparatif, le TSX canadien a offert un rendement de 6,9 % ($ CA) annualisé sur la décennie, tout juste devant les actions internationales (+6,0 %, $ US) et des pays émergents (+4,0 %, $ US). Est-ce que la prochaine décennie sera semblable ? Elles le sont rarement et nous pouvons être certains que quelques surprises nous attendent. Sur ce, nous en profitons pour vous souhaiter à tous une bonne année 2020 prospère et en santé.

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Novembre 2019

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En novembre, les marchés boursiers d’actions de pays développés ont réagi favorablement aux déroulements des négociations commerciales entre les É-U et la Chine. Les marchés américains et canadiens ont dominé en produisant des rendements de +3,6% chacun dans leur devise respective. L’indice de peur VIX s’est calmement replié pour atteindre son plus bas niveau de clôture en 15 mois (le 26 novembre). En 20 séances boursières aux É-U (21 au Canada), l’indice S&P500 a clôturé en hausse 14 fois (le S&PTSX 15 fois). Ce faisant, l’indice américain a battu son record à 11 reprises et l’indice canadien a fait de même 8 fois. Les actions de pays internationales (+1,1% pour le MSCI EAFE $ US) ont bien fait, toutefois, elles se trouvent 21% sous leur record d’avant la crise financière du 31 octobre 2007 (en $ US). Pour illustrer l’impressionnant écart de rendement entre les marchés, les actions américaines ont dépassé leur sommet d’avant crise par 101% (13% pour les actions canadiennes).

Les récentes statistiques de l’emploi aux É-U ont également contribué à l’avancement des performances boursières. Malgré la grève chez le constructeur automobile General Motors (plus de 40 000 grévistes), il s’est créé 156 000 nouveaux emplois en octobre et 266 000 en novembre (retour des grévistes). De plus, cette statistique pour le mois de septembre a été révisée à la hausse par 44 000 pour atteindre 180 000 nouveaux emplois. Le taux de chômage s’est à nouveau replié à 3,5% et selon Bloomberg cette statistique atteindra 3,3% en 2020. Si tel est le cas, ce sera le plus bas taux de chômage lors d’une année électorale depuis la victoire du républicain Dwight Eisenhower en 1952.

Jerome Powell, président de la FED, a annoncé ne pas voir de risque imminent pour l’économie américaine qui est maintenant dans sa 11e année d’expansion et dont la croissance au Q3 a été révisée à la hausse (2,1% versus 1,9%). Il aimerait toutefois voir le Congrès américain améliorer le déficit budgétaire afin de regarnir le coffre à outil d’intervention en cas de récession. En zone euro, la croissance économique pour le Q3 est demeurée inchangée à +0,2%. Poids lourds de la zone euro, l’Allemagne a tout juste évité la récession technique au dernier trimestre (+0,1% en Q3 et -0,2% en Q2). La pression s’intensifie sur les décideurs politiques allemands pour contrevenir à loi sur l’équilibre budgétaire en cette période difficile pour la production manufacturière.

Pour revenir sur le sujet des tensions sino-américaines, les marchés anticipaient la conclusion d’une entente partielle avant la fin du mois. Les négociateurs des deux nations ont fait savoir que la levée de certains tarifs accompagnerait un accord partiel, ce à quoi la Chine s’accroche comme ses exportations vers le marché américain sont à leur plus bas niveau des trois dernières années. Cette dernière a d’ailleurs retiré l’interdiction d’importation de volaille américaine. Toutefois, il est prévu que l’administration Trump impose des nouveaux droits de douane de 15% sur 160 milliards de dollars de nouveaux biens chinois le dimanche 15 décembre si aucun accord n’est conclu. Le marché anticipe une entente de dernière heure ou le report de cette date butoir, nous connaitrons la suite très bientôt.

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Octobre 2019

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En octobre, les marchés boursiers ont poursuivi le mouvement haussier amorcé en septembre, à l’exception du S&P/TSX canadien, qui a affiché un rendement de -0,86 % ($ CA) au cours du mois. Les marchés émergents, les actions internationales et les actions américaines ont tous fait état de bons résultats allant de 4,23 % ($ US), 3,6 % ($ US) à 2,17 % ($ US) respectivement. Du côté des titres à revenu fixe canadien, le rendement global de l’univers obligataire a été légèrement négatif à -0,17 % alors que l’univers à court terme a affiché un rendement positif de 0,22 % pour le mois. Cette divergence s’explique par une légère accentuation de la courbe des taux d’intérêt où les échéances de 5 ans et plus ont vu les taux augmenter tandis que les taux à court terme ont été stables ou même en légères baisses. Cette tendance à la hausse des taux pour les échéances à plus long terme est toujours en cours en novembre dans la plupart des marchés développés (Canada, États-Unis, Allemagne).

Une thématique dominante a commencé à émerger vers la fin août dans les marchés. Cette dernière est supportée par quelques développements qui se renforcissent les uns des autres. Premièrement, il y a un vent d’optimisme renouvelé sur le front des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine en raison d’un possible accord partiel qui laisse entrevoir une amélioration marginale de la situation. Deuxièmement, les banques centrales assouplissent les conditions monétaires pour soutenir un secteur industriel qui ralentit, tout comme elles l’ont fait au cours des 10 dernières années pour l’économie en général. À cet égard, la Banque du Canada fait exception en maintenant son taux directeur inchangé. Finalement, il y a des signes de stabilisation dans certaines économies couplées à des pourparlers de soutien budgétaire de la part des gouvernements, notamment en Europe. Additionnez tout cela et vous obtenez un dollar américain plus faible ce qui tend à aider les économies émergentes et une amélioration des perspectives de croissance. L’amélioration des perspectives redynamise les secteurs cycliques où les valorisations étaient déprimées résultant en la surperformance récente des gestionnaires de style valeur par rapport à leurs homologues de style croissance.

Compte tenu de tout ce qui précède, nous croyons qu’il est préférable de demeurer prudents. Nous continuons de nous interroger sur l’impact marginal qu’un autre assouplissement de la politique monétaire peut avoir après 10 ans d’utilisation intensive de cet outil. En fin de compte, ce sont les résultats des compagnies qui dicteront comment le marché se comportera. À cet égard, avec pratiquement l’ensemble des résultats du troisième trimestre divulgués aux États-Unis, au Canada et en Europe, nous pouvons avoir une idée de la situation. Globalement, les résultats au niveau des ventes et des profits ont rencontré les attentes, mais la croissance par rapport aux chiffres du trimestre précédant fut faible et même parfois légèrement négative selon les régions. Donc, les résultats ne sont pas spectaculaires, mais ils ne semblent pas non plus pointer vers le fort ralentissement qui était craint cet été. Conséquemment, il est raisonnable d’anticiper une stabilisation de la situation économique mondiale suivi d’une croissance modérée dans les prochains trimestres.

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Septembre 2019

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En septembre, les principaux indices boursiers d’actions ont rebondi avec en tête les actions internationales. Les actions canadiennes ont atteint un sommet historique de fermeture de 16,899 points le 20 septembre et ont produit un rendement de +1,7 % (en $C) pour le mois. Les titres bancaires canadiens ont bénéficié du redressent de la courbe de taux et ont rapporté un rendement de +7,3% (comme ils empruntent à court terme et prêtent à long terme). Les titres énergétiques ont eux aussi bien performé tels que le démontre la performance du sous-secteur d’exploration et de production de gaz et pétrole au Canada qui a terminé le mois en hausse de +11,6%. Ceci dit, les gestionnaires dont le style de gestion est « valeur » ont particulièrement bien performé en septembre. Les actions mondiales de ce type ont surperformé celle de style croissance par +3,5%. Comme l’écart d’évaluation entre ces deux styles est important, il est devenu difficile pour les chasseurs d’aubaines et stratégistes de les ignorer et une certaine correction de cet écart s’est produite durant le mois.

Le marché des actions a réagi favorablement à l’annonce que les États-Unis et la Chine se rencontreront à Washington le 10 octobre pour une treizième ronde de négociations. En gestes de bonne volonté, les deux nations ont atténué leurs interventions tarifaires. Les États-Unis ont repoussé au 15 octobre une augmentation tarifaire initialement prévue pour le 1er octobre et la Chine a donné le feu vert à ses entreprises d’acquérir des biens d’agricultures américains, notamment le porc et le soja. Selon Bloomberg Economics, le contrecoup de ne pas en venir à une entente d’ici 2021 est estimé à -0,6% sur la croissance économique américaine, -1% sur celle de la Chine et -0,6% sur celle de l’économie mondiale. Dans l’optique où il y aurait une escalade de cette guerre impliquant des tarifs de 30% sur tous les échanges, le choc sur la croissance serait de -1,4% aux États-Unis, -2,1% en Chine et -1,3% pour le monde.

Bien au fait des conséquences de cette guerre commerciale, la FED et la Banque centrale européenne (BCE) sont intervenues de nouveau afin de combattre les effets de ce conflit. C’est un comité de la FED non unanime qui a réduit sa fourchette cible du taux directeur à 1,75-2% (baisse de 25 pdb). Citant le solide marché de l’emploi tout comme la résilience des dépenses du consommateur, la FED entrevoit encore une perspective économique favorable pour son économie qui a cru de 2% au 2e trimestre. Cette seconde et peut-être dernière baisse de taux cette année se présente comme une police d’assurance additionnelle. Pour ce qui est de la zone euro, la croissance économique est à peine perceptible : 0,2% au 2e trimestre et 0,1% de croissance anticipée pour le trimestre qui vient de se terminer. Tel que mentionné dans notre revue du mois d’août, l’Allemagne subit de plein fouet la faiblesse du secteur manufacturier et la BCE est intervenue en septembre en abaissant à -0,5% son taux directeur (baisse de 10 pdb). Elle a aussi remis en marche le programme d’assouplissement quantitatif alors qu’elle rachètera pour 20 milliards d’euros/mois d’obligations gouvernementales.

Ces événements ont eu pour effet d’améliorer la pente de la courbe de taux d’intérêt alors que les taux se sont accrus et par ricochet, l’indice univers des obligations canadiennes a perdu -0,8%. Somme toute, malgré que les places boursières aient tiré avantage du relâchement de la tension commerciale et apprécié les mesures que les banques centrales entreprennent, elles demeurent très sensibles aux développements de la guerre commerciale.

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Août 2019

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Les marchés ont abordé le mois d’août sur une note fortement négative avant de se redresser légèrement vers la fin du mois. Les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, la situation à Hong Kong et le spectacle politique désolant qui se déroule présentement en Angleterre ont tous contribué à un mois plus agité sur les marchés. Cette nervosité s’est reflétée dans la volatilité du marché où le S&P 500 a notamment connu 11 journées où il a bougé, à la baisse ou à la hausse, de plus de 1 %. Il est bon de se rappeler qu’une telle volatilité n’est pas anormale et s’observe historiquement en moyenne lors d’un mois sur dix. Du côté des résultats mensuels, la Bourse canadienne est la seule qui a réussi à produire un rendement légèrement positif avec +0,4 % (S&P/TSX, en $ CA), alors que le marché américain (S&P 500, $ US), le marché international (MSCI EAFE, $ US) et les pays émergents (MSCI Émergents, $ US) ont déçu avec des performances respectives de -1,6 %, -2,6 % et -4,8 %.

Cette hausse de tension s’est reflétée dans les taux d’intérêt qui ont globalement été poussés à la baisse, en partie en raison d’une anticipation d’intervention de la part des principales banques centrales mondiales. Au Canada, le taux 5 ans a baissé de 0,26 % ce qui a résulté en une performance mensuelle de l’univers obligataire et de l’univers corporatif de +1,9 % et +1,2 %, respectivement. La courbe des taux américains 10 ans et 2 ans s’est même inversée momentanément à la mi-août. Historiquement, une telle inversion a généralement précédé d’environ 1 an le début d’une récession aux États-Unis, quoique l’inversion la plus récente fut de très brève durée. Toutefois, un phénomène inusité se produit présentement au niveau des marchés obligataires mondiaux où, 60 % de toutes les obligations mondiales se transigent à un taux inférieur à 2 %, incluant 25 % se transigeant à des taux négatifs. C’est ce qui se produit quand la totalité de la courbe de taux allemand est négative et que des portions importantes de celles de nombreux autres pays développés le sont aussi (Japon, France, Suède, etc.). Ceci est une conséquence perverse des taux directeurs négatifs que nous observons en Europe et au Japon où, maintenant, le prêteur se retrouve à payer pour prêter de l’argent. Plus près de chez nous, la Banque du Canada a décidé de maintenir inchangé pour son taux directeur au début septembre.

Les différentes craintes liées à la croissance pour les raisons précédemment nommées expliquent en partie la situation inusitée que nous observons au niveau des taux d’intérêt, mais expliquent aussi le différentiel de performance à l’avantage des actions américaines par rapport aux actions internationales, particulièrement en Europe. La structure de l’économie européenne repose sur les exportations qui représentent environ 40 % du PIB de la région contrairement à 10 % pour les États-Unis. Donc, tout ralentissement au niveau du commerce mondial, dont la Chine est un acteur important, a un grand impact sur l’économie européenne, particulièrement sur l’activité manufacturière allemande. Pour l’instant, le secteur des services semble prendre la relève et soutenir la croissance, mais le marché anticipe que la Banque Centrale européenne devra intervenir d’où la pression sur les taux. Une partie de la solution pourrait venir aussi de la part d’une relance fiscale du côté allemand puisque ce gouvernement génère des surplus.

Aux États-Unis, avec quelques mois de retard sur l’Europe, l’indicateur avancé d’activité manufacturière est entré en contraction alors que celui pour les services demeure positif. La Fed a indiqué être vigilante et sent probablement un peu de pression venir de la Maison-Blanche, mais avec un taux de chômage demeurant bas et une croissance des salaires proche de 4 %, le secteur névralgique de la consommation devrait demeurer porteur. À moins que l’effet des tarifs les plus récents imposés par M. Trump ne commence à se faire sentir lors de l’automne, période critique pour les grands détaillants.

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Juillet 2019

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En juillet, les indices boursiers d’actions nord-américains ont progressé alors que ceux des indices internationaux et de marchés émergents se sont repliés. Les actions canadiennes ont produit un rendement de +0,3 % (S&P TSX en $ CA), les grandes capitalisations américaines +1,4 % (S&P 500 en $ US), les titres technologiques +2,2 % (NASDAQ en $ US), les actions internationales -1,3 % (MSCI International en $ US) et les actions de pays émergents -1,1 % (MSCI émergent en $ US). Au cours du mois, les indices boursiers américains ont franchi de nouveaux records alors que le S&P 500 a fracassé la barre des 3 000 points et celle de 27 000 points pour le Dow Jones. Le marché des actions mondiales de style croissance a surperformé celui de style valeur par +1,3 % ce qui porte la sous-performance du style de gestion valeur à -9,5 % depuis le début de l’année. Sur le marché des changes, le dollar canadien a perdu -0,5 % contre le dollar américain, mais a gagné +1,8 % contre l’euro. Finalement, pour ce qui est du marché obligataire, les taux d’intérêt se sont légèrement appréciés tout au long de la courbe au Canada tout comme aux États-Unis. L’indice des obligations canadiennes a produit un rendement de +0,2 % et celui des obligations corporatives a produit un rendement de +0,4 %.

Plusieurs dossiers ont attiré l’attention des investisseurs au cours du mois, dont les performances financières des entreprises américaines pour le 2e trimestre de l’année. Alors que ¾ des entreprises du S&P 500 ont rapporté leurs performances, 78 % d’entre elles ont surpris à la hausse pour les prévisions de profits et 60 % ont dépassé les attentes au niveau des ventes. La croissance des profits pour l’ensemble de l’indice a été de +2,0 % par rapport à l’an dernier, pareille date. L’expansion du multiple cours-bénéfice qui se chiffre maintenant à 18,0 fois les bénéfices futurs (15,4 fois en début d’année) demeure la principale explication de la performance du S&P 500 depuis le début de l’année. Les actions internationales (14,1), de pays émergents (12,9) et canadiennes (15,2) sont évaluées à des cours-bénéfices relativement plus attrayants.

Nonobstant, la croissance économique américaine pour le 2e trimestre de l’année a progressé plus rapidement que prévu (+2,1 % versus +1,8 %). Supporté par un solide marché de l’emploi, le consommateur américain qui représente 70 % de l’économie a augmenté ses dépenses de +4,3 % durant le trimestre. L’économie américaine a créé 164 000 nouveaux postes en juillet ce qui a réduit le taux de chômage à 3,7 % et poussé à un niveau très élevé de 135,7 l’indice de confiance du consommateur. Au Canada, la croissance économique à la fin mai était estimée à +1,4 %. Il s’est perdu 24 200 emplois en juillet ce qui a fait augmenter le taux de chômage à 5,7 % (5,5 % en juin).

Quant au dossier impliquant la Réserve fédérale, elle a modifié son taux d’intérêt directeur le 31 juillet. La Fed a réduit ce taux de -0,25 % soit une première réduction en plus de 10 ans (2008). Malgré qu’il n’ait pas été surpris, le marché aurait préféré une baisse de -0,50 % et un commentaire plus accommodant de la part du président de la banque Jerome Powell.

En ce qui a trait à la saga commerciale entre les États-Unis et la Chine, malgré un entretien positif lors du G20, le président Trump a annoncé le 16 juillet que les deux nations étaient encore loin d’une entente et que des tarifs additionnels sur des biens chinois pourraient être mis en application. Cette mise en garde a refroidi l’élan de l’indice S&P 500 qui était jusque-là en hausse de +2,6 % (en $ US) pour le mois.

Le 1er août, Trump a détaillé sa menace tarifaire, il imposera 10 % dès le 1er septembre tout ce qu’il reste comme biens chinois non taxés. Les marchés boursiers n’ont pas apprécié, ce qui a déclenché la baisse que nous observons présentement de -2,3 % (en $ US) en date du vendredi 9 août.

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Juin 2019

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En juin, la majorité des indices boursiers d’actions ont récupéré les pertes du mois de mai. Les actions canadiennes ont généré un rendement de +2,5 % (S&P, TSX en $ CA), les actions américaines de +7,0 % (S&P 500 en $ US), les actions internationales +6,0 % (MSCI International en $ US) et les actions de pays émergents +6,3 % (MSCI émergent en $ US). Les actions mondiales de style croissance (+6,9 % en $ US) ont légèrement surperformées celles de style valeur (+6,3 % en $ US). L’indice de peur VIX qui avait atteint un niveau de 23,4 points en mai s’est apaisé pour clôturer le mois de juin à 15,1 points. Sur le marché des changes, le dollar canadien s’est apprécié par +3,4 % contre le dollar américain et +1,4 % contre l’euro réduisant ainsi les rendements des investisseurs canadiens sur leurs actifs étrangers.

Grâce à la Réserve fédérale et le ministère du commerce chinois, le revirement de direction du marché boursier a pris forme tôt en juin permettant à l’indice S&P 500 de terminer dès la première semaine du mois en hausse de +4,5 % (en $ US). Le 4 juin, le ministère du commerce chinois a publié un communiqué dans le dossier de dispute commerciale avec les Américains. Ce communiqué affirmant que les deux partis tireraient avantage à régler leurs différends par le dialogue, dans le respect et le bénéfice mutuel, fut considéré comme un pas dans la bonne direction pour la résolution de ce conflit. Cette même journée, Jerome Powell, président de la Réserve fédérale, a fait savoir que les gouverneurs de la grande banque américaine surveillaient de près les disputes commerciales entre les États-Unis et ses principaux partenaires et qu’ils étaient prêts à intervenir pour maintenir la croissance économique intacte. Bien que ce message n’ait surpris personne et qu’il ne fut pas directement mention de réduction de taux d’intérêt, il fut, cependant, imagé comme étant un filet de sécurité pour l’économie que le marché a dénommé « Powell Put ».

Après quoi peu de nouvelles avaient la capacité de miner l’euphorie des marchés. La décevante statistique de création d’emplois publiée en juin pour le mois de mai (75 000 nouveaux emplois versus les attentes de 175 000) a même été perçue comme une bonne nouvelle renforçant la probabilité de voir la Réserve fédérale bouger. Cette réaction n’est pas anormale vers la fin d’un cycle économique alors que le marché se meut entre l’état euphorique, le déni et la peur.

Pour ce qui est du marché obligataire, les taux d’intérêt ont reculé tout au long de la courbe aux États-Unis, mais de façon plus prononcée dans les émissions de court et moyens termes. Au Canada, les taux sont demeurés relativement stables, augmentant légèrement dans le court à moyen terme et reculant légèrement dans le long terme. L’indice phare des obligations canadiennes a produit un rendement de +0,9 % tandis que celui des obligations corporatives a produit un rendement de +1,1 %. Toujours au Canada, le taux d’inflation a fait un bond à 2,4 % (2,0 % pour le mois précédent) alors que les taux des obligations 10 ans sont de 1,5 %.

Le prix du pétrole s’est apprécié de +9,3 % en juin alors que deux pétroliers (un japonais et un norvégien) ont été attaqués dans le Détroit d’Ormuz. Blâmé par les Américains, l’Iran menace de bloquer cet accès marin essentiel au commerce du pétrole du Moyen-Orient. L’économie iranienne est en difficulté par suite du retrait des États-Unis de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien. Le dossier est délicat suite aux prétentions américaines que l’Iran aurait abattu un drone-espion américain dans sa zone aérienne.

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