Revue des marchés mensuelle

Avril 2020

Commentaire mensuel


En avril, les marchés ont poursuivi la tendance haussière qui s’était amorcée à la suite du creux du marché boursier du 23 mars. Encore une fois, la performance fut meilleure aux États-Unis qu’ailleurs sur la planète. Le S&P 500 enregistra une hausse de 12,8% (US$) pour le mois ce qui fait remonter la performance sur l’année à -9,3% pour cet indice, ici aussi la moins pire parmi les différentes régions. Au Canada, le rebond du S&P/TSX en avril se chiffre à 10,8% ($C), alors que les actions des pays émergents (MSCI EM, $US) et des pays développés ex-États-Unis (MSCI EAFE $US) enregistraient une hausse de 9,2% et 6,5%, respectivement.

Du côté des obligations, l’univers canadien a remonté de 3,8% alors que le segment corporatif de qualité (BBB et mieux) a eu une performance de 4,8% en avril. Une baisse des taux 10 ans de 0,15% et le resserrement des écarts de crédit ont contribué à cette performance. Toutefois, les écarts de crédit sur les obligations corporatives de qualité canadiennes demeurent tout de même à 1,94% à la fin avril, soit près du double du niveau observé avant la crise.

La performance du marché américain est grandement tributaire de la performance d’un groupe de 5 compagnies composé de Microsoft, Apple, Amazon, Facebook et Alphabet (Google). Celles-ci représentent plus de 20% de la capitalisation de l’indice phare américain du S&P 500 et leur performance sur l’année à la fin avril allait de +23,7% pour Amazon à -1,5% pour Facebook. Bien que certaines de ces compagnies se transigent à des multiples historiquement élevés, elles sont pour l’instant perçues comme des valeurs refuges durant cette crise en raison des services qu’elles offrent, d’un bilan généralement solide ou encore d’une position dominante dans leurs marchés respectifs. La dominance de ces compagnies sur le marché américain est antérieure à la crise actuelle. Toutefois, cette dernière l’accentue et expose encore plus l’écart de performance entre la Bourse américaine et le reste du monde ainsi qu’entre les styles de gestion valeur et croissance que nous observons depuis 2 ans.

Du côté canadien, le rebond s’explique grandement par le secteur des matériaux (+33% en avril) en raison de l’industrie aurifère qui a bondi de 41,8% durant le mois. Par contre, le secteur qui performe le mieux au pays depuis le début de l’année est celui des technologies de l’information avec +29.3% en avril et +24,5% en 2020. Ce secteur est dominé par une compagnie, Shopify, qui est brièvement devenue la plus grande capitalisation boursière canadienne devant la Banque Royale après une performance +71% en 2020. L’impact de ce titre sur l’indice du S&P/TSX est notable. À la fin avril, l’indice canadien avait une performance de -12,36% pour l’année en cours, mais si Shopify est exclu du calcul, la performance diminue de 2,15% pour se situer à -14,51%. Il semble néanmoins y avoir une poussée spéculative importante sur le titre de Shopify, ce dernier se transigeant à plus de 45 fois les ventes. À titre comparatif, Microsoft se transige à environ 10 fois les ventes et ce niveau est considéré relativement élevé.

Cette performance impressionnante des différents marchés arrive en même temps que des statistiques économiques mondiales horribles et sans précédent pour la majorité de la population des pays occidentaux. L’impact des différentes mesures de confinement et l’arrêt brusque de l’économie qui en résulte sont premièrement visibles à travers les statistiques d’emploi. En avril, il s’est perdu 3 millions d’emplois au Canada (20 millions aux États-Unis) élevant le taux de chômage de 4% à 14% (4% à 15% aux États-Unis). Les marchés anticipent une reprise d’ici la fin de l’année. La vision de Goldman Sachs à cet égard illustre bien ce consensus. La banque d’affaires américaine prévoit que le ralentissement sera très important au 2e trimestre suivi d’un rebond modestement élevé au 3e et 4e trimestre et une normalisation en 2021. Du côté de l’emploi, ils anticipent un taux de chômage se situant aux alentours de 9% aux États-Unis à la fin de l’année. Ils assument donc que l’ensemble des mesures fiscales et monétaires annoncées soutiendra l’économie et les travailleurs mis à pied. Cette vision, bien qu’elle soit celle que nous souhaitons, nous semble optimiste en raison des inconnus liés au virus. Le niveau du marché demeurera selon nous très sensible à l’évolution de la situation.

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Mars 2020

Commentaire mensuel


Avant de débuter cette revue de marché, nous espérons que vous et vos proches êtes en sécurité et en santé durant cette période de confinement.

Au mois de mars, l’impact économique lié aux mesures pour contrer la Covid-19 a été ressenti de plein fouet sur les différents marchés boursiers. Ironie du sort, le plus long marché haussier de l’histoire aux États-Unis a pris fin par la chute la plus rapide enregistrée en Bear market (-20%), soit 16 jours, entre la fin février et la mi-mars. La baisse extrêmement rapide et prononcée s’est poursuivie jusqu’au 23 mars avant d’amorcer un rebond dans la dernière semaine du mois suite aux nombreuses mesures annoncées par les banques centrales et les gouvernements. À titre d’exemple, le principal indice américain (S&P 500) affichait un rendement pour le mois de mars de -24,1% (en $US) à cette date, avant de finir le mois en recul de -12,3%. Pour l’année en cours, le recul cumulatif de cet indice se chiffrait à -19,6% à la fin mars. Au moment d’écrire ces lignes, le rebond se poursuivait au début avril. Nous demeurons d’ailleurs prudents vis-à-vis ce rebond qui semble anticiper un redémarrage rapide de l’économie alors que l’épicentre de l’épidémie se trouve maintenant chez nos voisins du sud.

La trajectoire des principaux indices boursiers fut semblable à celle observée pour le S&P500. Au Canada, le S&P/TSX a enregistré une performance de -17,4% en mars, alors que le MSCI EAFE, en $ US (actions internationales) et le MSCI EM, en $US (actions pays émergents) affichent des pertes de -13,3% et -15,8% respectivement. Pour les indices ex-Canada, l’appréciation du dollar américain par rapport à la devise canadienne de +5,6% en mars (+9,2% depuis le début de l’année) amenuise le choc pour un investisseur canadien. Du côté des indices obligataires, l’univers obligataire canadien affiche une perte de -2% en mars tandis que la portion corporative de l’univers affiche une perte de -5,4% sur la même période.

Les différents gouvernements et banques centrales des pays développés ont réagi avec force en annonçant de nombreuses mesures fiscales et monétaires. L’arrêt soudain de l’économie en raison des mesures de confinement force les gouvernements de ces pays à offrir des mesures inédites de support des salaires et des prêts et garanties aux entreprises. Ces mesures sont nécessaires puisque nous commençons à mesurer l’impact d’un arrêt soudain : mise à pied importantes et une hausse conséquente des demandes de prestation de chômage. Ces mesures aideront, mais ne pourront évidemment pas contrer en totalité l’impact économique d’un tel arrêt. Les économistes s’entendent pour une réduction drastique du PIB et de l’activité au 2e trimestre. À titre d’exemple, les économistes d’UBS estiment que l’économie perd de 2 à 3% du PIB pour chaque mois d’arrêt. Ces différentes mesures alourdiront évidemment le poids de la dette gouvernementale de 10% à 15% selon les estimations de Capital Economics, mais ces considérations sont bien secondaires en regard de la situation actuelle. Pour la suite des choses, l’ampleur et rapidité de la reprise restent nébuleuses et dépendent du retrait progressif des mesures de confinement. Certains pays dont la Chine, mais aussi l’Autriche et les Pays-Bas commencent à détendre certaines mesures. Ce qui en résultera nous éclairera sur la marche à suivre.

Du côté des banques centrales, notamment de la Fed, les outils utilisés durant la crise financière de 2008 ont été redéployés à la vitesse grand V en plus des baisses de taux annoncées. Ces outils visent évidemment à amoindrir le ralentissement soudain de l’économie causé par les mesures de confinement, mais les banques centrales ont aussi dû réagir pour maintenir la liquidité dans les différents canaux du système financier. Ce manque de liquidité a été causé par une demande accrue pour le dollar américain et les obligations fédérales américaines combinés à des ventes massives de fonds négociés en bourse (FNBs) sur des obligations corporatives créant un écart jamais vu entre la valeur de ces FNBs et les indices qu’ils sont censés suivre.

Pour en revenir au scénario de reprise, il se fera fort probablement de façon progressive au fur et à mesure que la pandémie est contrôlée et que la compréhension des mécanismes du virus s’améliore. Nous lisons tous les journaux et voyons la résilience et l’ingénuité humaine à l’œuvre afin de combattre cet ennemi invisible. Outre le travail fantastique effectué par l’ensemble des professionnels médicaux répondant à la situation immédiate, il semble se dessiner 3 axes qui devraient graduellement nous aider. Le premier front concerne des tests sérologiques pour comprendre la propagation du virus en détectant la présence d’anticorps dans le sang. Des tests à grande échelle sont en train d’être mis sur pied, en Allemagne notamment, et devraient donner des résultats d’ici quelques semaines. Cela devrait aider à mieux cibler la réponse des autorités. Le deuxième front concerne l’efficacité de médicaments antiviraux pour aider la réponse inflammatoire des patients développant des symptômes aigus. Des études cliniques sur plusieurs médicaments candidats sont en cours et devraient être publiées dans les prochaines semaines. Finalement, l’étape ultime est le développement d’un vaccin. Un processus déjà en cours, mais qui sera plus long et nous amène en 2021.

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Février 2020

Commentaire mensuel


Le coronavirus aura monopolisé l’attention des marchés financiers lors du dernier droit du mois de février tout comme en ce mois de mars.

Mais avant, les marchés boursiers d’actions ont débuté le mois de février en force. Plutôt optimistes quant au confinement de ce virus, les indices Dow Jones, S&P500 et Nasdaq avaient récupérés les pertes du mois de janvier et atteints de nouveaux sommets en date du 6 février. Encouragé, entre autres, par l’intervention rapide de la Banque de Chine pour pallier les contrecoups du virus à son économie en abaissant les taux d’intérêt, les bonnes statistiques de l’emploi aux États-Unis (225 000 nouvelles embauches) et les résultats financiers encourageants des entreprises américaines pour le dernier trimestre de l’année 2019, l’élan positif du marché s’est poursuivi avec aplomb jusqu’au 19 février. Jusqu’à là, le S&P 500 était en hausse de 5,0% durant le mois de février.

Toutefois, l’évolution du virus à l’extérieur de la Chine, notamment en Italie, tout comme les décès reliés à la maladie au Japon, en Corée du Sud et en Iran, ont nourri les inquiétudes quant aux risques et conséquences d’épidémie et de pandémie. Aussi, l’impact possible des mesures de confinement sur les économies affectées et non affectées a vite augmenté les probabilités de récession mondiale. Dès lors, la frayeur a envahi les marchés et l’indice de peur VIX a terminé le mois au niveau très élevé de 40,1, en hausse de 113% par rapport à la fin-janvier. Depuis son sommet du 19 février, le S&P 500 a perdu 12,8% au cours des sept dernières séances boursières de février pour terminer le mois en baisse de 8,4%. La demande en énergie s’est grandement affaiblie et a réduit le prix du baril de pétrole par 13,2% (-26,7% pour l’année). Comme les taux d’intérêt se sont légèrement repliés tout au long de la courbe, le rendement de l’indice d’obligations canadiennes a été de +0,7% pour le mois, nettement insuffisant pour pallier les pertes produites par les actions.

Au moment d’écrire cette revue, les marchés boursiers poursuivent leur mauvaise lancée en mars. La séquence sans marché baissier (perte de 20%) entamée le 9 mars 2009 s’est finalement arrêtée 11 années + 2 jours plus tard (le 11 mars 2020). La guerre des prix du pétrole entre la Russie et l’Arabie Saoudite a fait fondre davantage la valeur de la commodité ce qui a du même coup accentué la panique sur les marchés et forcé l’arrêt temporaire de la Bourse le lundi 9 mars. À un prix de moins de 40$ le baril, plusieurs producteurs pourraient se trouver rapidement en difficulté financière, notamment les producteurs américains de gaz de schiste. Et encore, l’annonce surprise du président Trump d’interdire l’entrée aux États-Unis des Européens a provoqué pour plusieurs bourses leurs pires pertes journalières (le jeudi 12 mars) depuis le ‘’crash’’ de 1987, avant de les voir rebondir tout aussi spectaculairement le lendemain.

Dans les conditions actuelles, il est difficile de prévoir l’impact sur l’économie mondiale de cette tragédie et des importantes mesures gouvernementales entreprises pour affaiblir la pandémie. Mais selon une étude Bloomberg publiée en début de semaine passée, la probabilité d’une récession mondiale en contexte de contrôle de la situation se chiffrait à plus de 50%. Avant l’éclosion du virus, l’économie mondiale avait une croissance prévue à 3,3% pour 2020 et se trouvait sur une pente ascendante. Cette croissance était révisée à 2,6% si la situation se maitrisait mieux dans le monde qu’elle ne l’avait été en Chine, Italie et Corée du Sud. Dans un scénario de pandémie mondiale avec épidémies importantes dans toutes les premières économies, la croissance était révisée à 0% pour 2020. En fonction des événements de la semaine dernière, la probabilité d’une décroissance (croissance inférieure à zéro) est très élevée à notre avis.

La nature de la crise (un virus très contagieux) tout comme la rapidité et l’amplitude des baisses de marché (-30% en 3 semaines) nous rappellent que de tels mouvements de marché ne peuvent être anticipés. Il est tout aussi impossible de prévoir quand et à quelle vitesse la remontée s’effectuera, mais elle pourrait s’avérer tout aussi spectaculaire.

Pareillement, nous ne savons pas quand la communauté scientifique aura le dessus sur ce virus, mais nous avons confiance qu’elle y parviendra. Il faut donc résister à l’envie de vendre le marché, mêmes que plusieurs aubaines semblent à portée des investisseurs intrépides.

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Janvier 2020

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Encouragés par la signature de l’entente commerciale, phase 1, entre les États-Unis et la Chine, les marchés boursiers ont entamé l’année en force, malgré l’escalade des tensions géopolitiques entre l’Iran et les États-Unis. Aussi, les premières publications des performances financières des entreprises américaines pour le 4e trimestre de l’année, tout comme les statistiques sur le marché de l’emploi du mois de décembre publié en janvier, ont satisfait les investisseurs et contribuées à l’avancement des indices boursiers américains vers de nouveaux records.

Toutefois, l’annonce du 19 janvier d’un premier cas de coronavirus aux États-Unis dans l’état de Washington a refroidi cet élan boursier. La diffusion du coronavirus à l’extérieur de la Chine et son risque de ralentissement de l’économie mondiale a fait bondir de +37% l’indice de peur VIX. L’impact de ce virus sur l’activité économique chinoise et mondiale est inconnu, mais sera certainement plus important qu’en 2003 lorsque le SRAS avait troublé les marchés. L’économie chinoise représente maintenant 15,8% de l’économie mondiale comparativement à 4,2% à l’époque.

Plusieurs entreprises opérant en Chine ont vite été incommodées par ce virus, dont le producteur d’iPhone Foxconn qui produit la moitié de tous les téléphones Apple. Situé dans la ville de Zhengzhou et employant près de 200,000 personnes à la production du populaire téléphone, Foxconn a dû arrêter toutes ses opérations. Autre exemple, l’entreprise Starbucks qui génère 10% de ses ventes totales en Chine a fermé la moitié de ses 4,100 lieux de vente en Chine. Ces deux entreprises ont perdu respectivement 9,9% et 9,5% lors des dernières séances boursières de janvier.

L’indice d’actions chinoises MSCI Chine a perdu 4,8%, le MSCI ACWI, indice mondial de pays développés et émergents, a quant à lui, reculé de 1,1%. Rappelons que ces indices avaient produit en janvier 2019 des hausses respectives de 11,1% et 7,9%. Sur le marché des devises, comme le huard a perdu 1,8% contre le billet vert et 0,5% contre l’euro, les placements en devise étrangère ont rapporté un gain de devise appréciable pour un investisseur canadien.

Comme les commodités sont vulnérables aux perturbations sur la croissance économique chinoise, le pétrole (-15,6%), le gaz naturel (-15,9%) et le cuivre (-10,0%) ont notamment souffert. La performance boursière de janvier fut difficile pour les gestionnaires qui préconisent le style de gestion valeur et qui détiennent des titres cycliques reliés aux prix des commodités. Conséquemment, l’indice des actions valeur a sous-performé celui des actions croissance par 4,5% durant le mois. Cependant, les gestionnaires de portefeuilles sondés à ce sujet sont d’avis que la dispersion de ce virus semble se contenir et bien que ce virus ait un effet sur les résultats à court terme, il n’affectera pas les résultats à long terme et pourrait provoquer des opportunités d’achats.

Somme toute, l’incertitude provoquée par ce virus a élevé le niveau de risque de marché boursier et favorisé les titres obligataires. Les taux d’intérêt se sont fortement repliés tout au long de la courbe de taux d’intérêt au Canada poussant le rendement de l’indice d’obligations canadiennes à +2,9% pour le mois. Au 31 janvier, l’obligation du gouvernement canadien 10 ans rapportait +1,29% de rendement (en baisse de -0,43% par rapport au mois passé) et comparativement à une obligation 2 ans qui rapportait +1,44% de rendement.

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Décembre 2019

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En décembre, les marchés mondiaux ont clos une très bonne année 2019 sur un autre bon mois. L’indice phare du marché américain, le S&P 500, a enregistré une performance de + 0,7 % ($ CA) en décembre pour terminer l’année en hausse de +25,2 % ($ CA). La performance de la S&P/TSX pour le marché canadien fut plus modeste avec +0,5 %, mais l’indice canadien finit tout de même 2019 en hausse de 22,9 %. De leurs côtés, les actions internationales et les actions des pays émergents ont terminé 2019 avec des hausses en décembre de +0,9 % (MSCI EAFE, $C) et de +5,1 % (MSCI EM, $C) pour des rendements annuels de +16,8 % ($ CA) et +13,2 % ($ CA), respectivement. Du côté de l’univers obligataire canadien, bien que le rendement pour l’année soit plus que respectable à 6,9 %, le mois de décembre fut plus difficile avec une performance négative de -1,2 % après le redressement des taux d’intérêt, notamment le taux 5 ans qui gagna +0,2 % durant le mois.

L’année 2019 fut une année où la performance des marchés contrasta fortement avec le climat d’incertitude qui régna au niveau géopolitique. Néanmoins, l’année 2019 est un bon exemple de l’anticipation dont font preuve les marchés financiers. En effet, pour l’ensemble des marchés mondiaux, l’expansion des multiples cours/bénéfices explique pratiquement la totalité de la hausse des différents indices selon une analyse de la banque américaine JP Morgan. Pour certaines régions, le Japon et les pays émergents notamment, il y a même eu un recul des bénéfices. Un mouvement des multiples à la hausse indique que les investisseurs anticipent une amélioration des conditions futures et inversement pour une contraction. En 2019, le support des banques centrales pour contrer le ralentissement manufacturier conjointement aux signes d’apaisement au niveau des tensions commerciales avec un accord partiel entre la Chine et les États-Unis sont deux facteurs ayant contribué au regain modéré d’optimisme cet automne.

Où cela nous laisse-t-il pour 2020 ? Les différents marchés, notamment le marché américain, se retrouvent de nouveau à des niveaux de valorisation historiquement élevés, similaires à ceux atteints à la fin 2017. Il est donc important que les résultats d’entreprises reflètent éventuellement les anticipations positives qui ont poussé les marchés à la hausse à la fin 2019, sinon les multiples pourraient se contracter. Du côté des banques centrales, la Fed a annoncé que pour l’instant les trois baisses de taux de 2019 devraient suffire et qu’elle observait l’évolution de la situation. Sur le front commercial, en temps normal, on pourrait présager qu’une année d’élection aux États-Unis ferait en sorte que le tout se calme un peu, mais l’administration américaine actuelle n’est plus à une surprise près. Du côté économique, pour l’instant le secteur des services continue de soutenir la croissance dans les principaux pays développés et certains chiffres provenant d’Asie, notamment les exportations coréennes, semblent indiquer une certaine stabilisation. Nous continuons donc de préconiser une approche disciplinée et prudente.

Avec la décennie qui vient de se terminer, la tradition veut qu’un bilan s’impose. Pour les marchés financiers, la domination du marché américain a été impressionnante avec une performance annualisée de 13,6 % (S&P 500, $ US) largement supérieure aux performances des autres régions. À titre comparatif, le TSX canadien a offert un rendement de 6,9 % ($ CA) annualisé sur la décennie, tout juste devant les actions internationales (+6,0 %, $ US) et des pays émergents (+4,0 %, $ US). Est-ce que la prochaine décennie sera semblable ? Elles le sont rarement et nous pouvons être certains que quelques surprises nous attendent. Sur ce, nous en profitons pour vous souhaiter à tous une bonne année 2020 prospère et en santé.

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Novembre 2019

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En novembre, les marchés boursiers d’actions de pays développés ont réagi favorablement aux déroulements des négociations commerciales entre les É-U et la Chine. Les marchés américains et canadiens ont dominé en produisant des rendements de +3,6% chacun dans leur devise respective. L’indice de peur VIX s’est calmement replié pour atteindre son plus bas niveau de clôture en 15 mois (le 26 novembre). En 20 séances boursières aux É-U (21 au Canada), l’indice S&P500 a clôturé en hausse 14 fois (le S&PTSX 15 fois). Ce faisant, l’indice américain a battu son record à 11 reprises et l’indice canadien a fait de même 8 fois. Les actions de pays internationales (+1,1% pour le MSCI EAFE $ US) ont bien fait, toutefois, elles se trouvent 21% sous leur record d’avant la crise financière du 31 octobre 2007 (en $ US). Pour illustrer l’impressionnant écart de rendement entre les marchés, les actions américaines ont dépassé leur sommet d’avant crise par 101% (13% pour les actions canadiennes).

Les récentes statistiques de l’emploi aux É-U ont également contribué à l’avancement des performances boursières. Malgré la grève chez le constructeur automobile General Motors (plus de 40 000 grévistes), il s’est créé 156 000 nouveaux emplois en octobre et 266 000 en novembre (retour des grévistes). De plus, cette statistique pour le mois de septembre a été révisée à la hausse par 44 000 pour atteindre 180 000 nouveaux emplois. Le taux de chômage s’est à nouveau replié à 3,5% et selon Bloomberg cette statistique atteindra 3,3% en 2020. Si tel est le cas, ce sera le plus bas taux de chômage lors d’une année électorale depuis la victoire du républicain Dwight Eisenhower en 1952.

Jerome Powell, président de la FED, a annoncé ne pas voir de risque imminent pour l’économie américaine qui est maintenant dans sa 11e année d’expansion et dont la croissance au Q3 a été révisée à la hausse (2,1% versus 1,9%). Il aimerait toutefois voir le Congrès américain améliorer le déficit budgétaire afin de regarnir le coffre à outil d’intervention en cas de récession. En zone euro, la croissance économique pour le Q3 est demeurée inchangée à +0,2%. Poids lourds de la zone euro, l’Allemagne a tout juste évité la récession technique au dernier trimestre (+0,1% en Q3 et -0,2% en Q2). La pression s’intensifie sur les décideurs politiques allemands pour contrevenir à loi sur l’équilibre budgétaire en cette période difficile pour la production manufacturière.

Pour revenir sur le sujet des tensions sino-américaines, les marchés anticipaient la conclusion d’une entente partielle avant la fin du mois. Les négociateurs des deux nations ont fait savoir que la levée de certains tarifs accompagnerait un accord partiel, ce à quoi la Chine s’accroche comme ses exportations vers le marché américain sont à leur plus bas niveau des trois dernières années. Cette dernière a d’ailleurs retiré l’interdiction d’importation de volaille américaine. Toutefois, il est prévu que l’administration Trump impose des nouveaux droits de douane de 15% sur 160 milliards de dollars de nouveaux biens chinois le dimanche 15 décembre si aucun accord n’est conclu. Le marché anticipe une entente de dernière heure ou le report de cette date butoir, nous connaitrons la suite très bientôt.

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Octobre 2019

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En octobre, les marchés boursiers ont poursuivi le mouvement haussier amorcé en septembre, à l’exception du S&P/TSX canadien, qui a affiché un rendement de -0,86 % ($ CA) au cours du mois. Les marchés émergents, les actions internationales et les actions américaines ont tous fait état de bons résultats allant de 4,23 % ($ US), 3,6 % ($ US) à 2,17 % ($ US) respectivement. Du côté des titres à revenu fixe canadien, le rendement global de l’univers obligataire a été légèrement négatif à -0,17 % alors que l’univers à court terme a affiché un rendement positif de 0,22 % pour le mois. Cette divergence s’explique par une légère accentuation de la courbe des taux d’intérêt où les échéances de 5 ans et plus ont vu les taux augmenter tandis que les taux à court terme ont été stables ou même en légères baisses. Cette tendance à la hausse des taux pour les échéances à plus long terme est toujours en cours en novembre dans la plupart des marchés développés (Canada, États-Unis, Allemagne).

Une thématique dominante a commencé à émerger vers la fin août dans les marchés. Cette dernière est supportée par quelques développements qui se renforcissent les uns des autres. Premièrement, il y a un vent d’optimisme renouvelé sur le front des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine en raison d’un possible accord partiel qui laisse entrevoir une amélioration marginale de la situation. Deuxièmement, les banques centrales assouplissent les conditions monétaires pour soutenir un secteur industriel qui ralentit, tout comme elles l’ont fait au cours des 10 dernières années pour l’économie en général. À cet égard, la Banque du Canada fait exception en maintenant son taux directeur inchangé. Finalement, il y a des signes de stabilisation dans certaines économies couplées à des pourparlers de soutien budgétaire de la part des gouvernements, notamment en Europe. Additionnez tout cela et vous obtenez un dollar américain plus faible ce qui tend à aider les économies émergentes et une amélioration des perspectives de croissance. L’amélioration des perspectives redynamise les secteurs cycliques où les valorisations étaient déprimées résultant en la surperformance récente des gestionnaires de style valeur par rapport à leurs homologues de style croissance.

Compte tenu de tout ce qui précède, nous croyons qu’il est préférable de demeurer prudents. Nous continuons de nous interroger sur l’impact marginal qu’un autre assouplissement de la politique monétaire peut avoir après 10 ans d’utilisation intensive de cet outil. En fin de compte, ce sont les résultats des compagnies qui dicteront comment le marché se comportera. À cet égard, avec pratiquement l’ensemble des résultats du troisième trimestre divulgués aux États-Unis, au Canada et en Europe, nous pouvons avoir une idée de la situation. Globalement, les résultats au niveau des ventes et des profits ont rencontré les attentes, mais la croissance par rapport aux chiffres du trimestre précédant fut faible et même parfois légèrement négative selon les régions. Donc, les résultats ne sont pas spectaculaires, mais ils ne semblent pas non plus pointer vers le fort ralentissement qui était craint cet été. Conséquemment, il est raisonnable d’anticiper une stabilisation de la situation économique mondiale suivi d’une croissance modérée dans les prochains trimestres.

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Septembre 2019

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En septembre, les principaux indices boursiers d’actions ont rebondi avec en tête les actions internationales. Les actions canadiennes ont atteint un sommet historique de fermeture de 16,899 points le 20 septembre et ont produit un rendement de +1,7 % (en $C) pour le mois. Les titres bancaires canadiens ont bénéficié du redressent de la courbe de taux et ont rapporté un rendement de +7,3% (comme ils empruntent à court terme et prêtent à long terme). Les titres énergétiques ont eux aussi bien performé tels que le démontre la performance du sous-secteur d’exploration et de production de gaz et pétrole au Canada qui a terminé le mois en hausse de +11,6%. Ceci dit, les gestionnaires dont le style de gestion est « valeur » ont particulièrement bien performé en septembre. Les actions mondiales de ce type ont surperformé celle de style croissance par +3,5%. Comme l’écart d’évaluation entre ces deux styles est important, il est devenu difficile pour les chasseurs d’aubaines et stratégistes de les ignorer et une certaine correction de cet écart s’est produite durant le mois.

Le marché des actions a réagi favorablement à l’annonce que les États-Unis et la Chine se rencontreront à Washington le 10 octobre pour une treizième ronde de négociations. En gestes de bonne volonté, les deux nations ont atténué leurs interventions tarifaires. Les États-Unis ont repoussé au 15 octobre une augmentation tarifaire initialement prévue pour le 1er octobre et la Chine a donné le feu vert à ses entreprises d’acquérir des biens d’agricultures américains, notamment le porc et le soja. Selon Bloomberg Economics, le contrecoup de ne pas en venir à une entente d’ici 2021 est estimé à -0,6% sur la croissance économique américaine, -1% sur celle de la Chine et -0,6% sur celle de l’économie mondiale. Dans l’optique où il y aurait une escalade de cette guerre impliquant des tarifs de 30% sur tous les échanges, le choc sur la croissance serait de -1,4% aux États-Unis, -2,1% en Chine et -1,3% pour le monde.

Bien au fait des conséquences de cette guerre commerciale, la FED et la Banque centrale européenne (BCE) sont intervenues de nouveau afin de combattre les effets de ce conflit. C’est un comité de la FED non unanime qui a réduit sa fourchette cible du taux directeur à 1,75-2% (baisse de 25 pdb). Citant le solide marché de l’emploi tout comme la résilience des dépenses du consommateur, la FED entrevoit encore une perspective économique favorable pour son économie qui a cru de 2% au 2e trimestre. Cette seconde et peut-être dernière baisse de taux cette année se présente comme une police d’assurance additionnelle. Pour ce qui est de la zone euro, la croissance économique est à peine perceptible : 0,2% au 2e trimestre et 0,1% de croissance anticipée pour le trimestre qui vient de se terminer. Tel que mentionné dans notre revue du mois d’août, l’Allemagne subit de plein fouet la faiblesse du secteur manufacturier et la BCE est intervenue en septembre en abaissant à -0,5% son taux directeur (baisse de 10 pdb). Elle a aussi remis en marche le programme d’assouplissement quantitatif alors qu’elle rachètera pour 20 milliards d’euros/mois d’obligations gouvernementales.

Ces événements ont eu pour effet d’améliorer la pente de la courbe de taux d’intérêt alors que les taux se sont accrus et par ricochet, l’indice univers des obligations canadiennes a perdu -0,8%. Somme toute, malgré que les places boursières aient tiré avantage du relâchement de la tension commerciale et apprécié les mesures que les banques centrales entreprennent, elles demeurent très sensibles aux développements de la guerre commerciale.

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