Revue des marchés mensuelle

Août 2020

Commentaire mensuel


Au mois d’août, les marchés étaient de nouveau à la hausse alors que la performance année à date des actions mondiales (MSCI Monde) est de retour du côté positif (+5,7% en $US) à la suite d’une performance de +6,7% (en $US) lors du mois. La situation fut tout aussi positive aux États-Unis (+7,2%, S&P 500 en $US) et à l’international (MSCI EAFE en $US, +5,2%). La hausse du marché américain représente d’ailleurs la meilleure performance enregistrée durant un mois d’août en 30 ans lors d’une période qui normalement est plus calme pour les marchés. Le rendement du MSCI Pays émergents et du S&P/TSX canadien furent plus modestes, mais tout de même appréciable avec +2,2% (en $US) et +2,3%, respectivement. En raison de l’appréciation importante du dollar canadien, il faut cependant retrancher -2,7% aux performances en devise américaine.

Encore une fois, les principaux titres technologiques et le style croissance ont mené la charge avec une certaine exubérance. L’exemple parfait est la performance de Tesla durant le mois. Après avoir annoncé le 11 août un fractionnement d’action 5 pour 1, le titre s’est envolé de prêt de +71% jusqu’à la fin du mois. Toutes sortes de raisons ont été avancées pour expliquer ce mouvement, mais un fractionnement d’action ne change en rien la valeur totale d’une compagnie. On divise simplement celle-ci en un plus grand nombre de parts. On peut admirer M. Musk et trouver que les voitures de Tesla révolutionnent l’industrie, mais nous sommes tout de même dubitatifs devant ce qui s’est produit. Tesla illustre aussi le risque posé par des mouvements extrêmes qui peuvent se renverser brusquement. Au début septembre, le titre a plongé de 33% en 5 jours avant de se replacer légèrement.

De leur côté, l’univers obligataire canadien a reculé de -1,1% alors que son segment corporatif de qualité investissement (BBB et +) a légèrement mieux fait, mais recule tout de même de -0,5%. Une hausse des taux 10 ans de +0,18% a contribué à cette sous-performance. Les écarts de crédit étant une mesure de l’appétit pour le risque des investisseurs, il est intéressant de noter à quel point ces derniers se sont resserrés depuis le sommet de la mi-mars particulièrement pour le segment des obligations corporatives de qualité. Tant au Canada qu’aux États-Unis, les écarts sur ces obligations tournent maintenant autour de 1,3% par rapport aux sommets en mars de 2,7% et 3,8%, respectivement. Notez que les titres obligataires spéculatifs ont atteint des écarts encore plus élevés durant cette période. Le retour vers des écarts qui sont en ligne avec les moyennes historiques à long terme alors que nous sommes toujours dans un environnement incertain démontre la force de persuasion de l’intervention des Banques Centrales.

La reprise économique continue avec les indices d’achat avancés qui sont en territoire d’expansion pour les grands blocs économiques (États-Unis, Europe, Chine) et le Canada ce qui est en soit une bonne nouvelle, mais n’indique pas l’ampleur du rattrapage à faire. Bien que le taux de chômage ait redescendu à 10.2% et 8.4% au Canada et aux États-Unis, le nombre d’emplois perdus restant a récupéré reste élevé (1.1M au Canada et 11.9M aux É.-U.). L’impact durable de la crise actuelle qui dictera en partie la force de la reprise réside dans la proportion des emplois à récupérer qui se transformeront en pertes permanentes. Un article du Washington Post citant une étude du Labor Department américain anticipe qu’entre 2.5 et 5 millions de ces pertes d’emploi depuis la fin février deviendront permanentes. L’extension des mesures fiscales temporaires chez nos voisins du sud pourrait aider à contrer cet impact, mais les négociations sont pratiquement au point mort avec le début d’une campagne électorale présidentielle qui s’annonce des plus acrimonieuse.

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Données économiques canadiennes et américaines

 

Juillet 2020

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Les marchés ont poursuivi leur remontée en juillet alors que l’indice boursier d’actions mondiales a progressé de 4,8% durant le mois (-0,9% pour l’année en $US). Toutefois, cette remontée boursière s’avère inéquitable alors qu’une minorité de titres à grande capitalisation, résistants à l’économie de pandémie, améliorent les rendements des indices globaux de marché. Parallèlement, le cours de l’or poursuit sa trajectoire haussière soutenue, entre autres, pour sa valeur refuge, par la diminution de la demande pour le billet vert et par des taux d’intérêt anémiques.

Chef de file incontesté cette année, l’indice boursier des « technologies » Nasdaq 100 a produit un rendement de +7,4% en juillet et +25,6% depuis le début de l’année (en $US). Cet indice dont les six plus grandes positions représentent 49% de son poids, sont dans l’ordre Apple, Amazon, Microsoft, Facebook, Alphabet (Google) et Tesla. À l’opposé se trouve le sous-indice boursier MSCI Monde « Valeur » dont les 6 plus grandes positions sont Johnson & Johnson, Procter & Gamble, JP Morgan, Home Depot, Berkshire Hathaway et Verizon. Son rendement fut de +2,6% en juillet et -15,3% depuis le début de l’année (en $US). L’écart de rendement entre ces deux groupes de titres est remarquable et atteint plus de 40% depuis le début de l’année. À titre de comparaison, le Nasdaq 100 se transige dans son ensemble à un cours-bénéfice de 35 fois les profits (21 fois pour le MSCI Monde Valeur), 7,8 fois la valeur aux livres des actifs (1,5 fois pour le MSCI Monde Valeur) et produit un dividende de 0,8% contre 3,5% pour le MSCI Monde Valeur. À noter que le conglomérat de Berkshire Hathaway dirigé par l’investisseur de style « valeur » Warren Buffet est en baisse de 13,6% depuis le début de l’année comparativement au rendement de +2,4% pour l’indice S&P 500 (en $US).

Cette année, il est considérablement difficile de tenir tête aux indices ou de faire mieux sans détenir les cinq titres listés ci-haut qui composent près de 22% de la capitalisation boursière totale du S&P 500 (Tesla ne fait pas partie de l’indice malgré une capitalisation boursière de 289 milliards) ou d’avoir une forte pondération en technologie. Plusieurs industries importantes de l’économie mondiale demeurent en forte baisse depuis le début de l’année dont l’énergie à -37,6%, les producteurs de commodités à -25,6%, les financières à -20,9%, l’immobilier à -11,4%, les infrastructures à -10,6% et les industrielles à -10,1% (tous en $US). Parmi les 11 secteurs économiques, quatre ont des rendements positifs en $US cette année : télécommunications +4,6% (dominé par Facebook, Alphabet et Netflix), santé + 6,0%, consommation discrétionnaire +8,9% (dominé par Amazon, Home Depot et Tesla) et technologies +20,8% (dominé par Apple et Microsoft).

Les statistiques économiques du 2e trimestre sont sans surprises très difficiles. Contraint, le consommateur américain a réduit ses dépenses de près de 35% lors du 2e trimestre de l’année provoquant une réduction de la croissance économique de près de 33% lors de la même période (statistiques annualisées). Le prix de l’or, en hausse de 29% cette année, n’est pas insensible aux difficultés rencontrées par les autorités américaines à contenir la propagion du coronavirus dans son économie. Il n’est pas insensible non plus aux déficits budgétaires gouvernementaux et les politiques très accommodantes des différentes banques centrales mondiales. Aussi, comme les taux d’intérêt sont si bas, le coût d’opportunité de détenir de l’or (qui ne paie pas d’intérêt) n’est plus matériel. En attendant le vaccin promis, la demande pour cette commodité précieuse s’est accentuée et a atteint un sommet historique à 1,976$ à la fin juillet.

L’indice « de peur » des marchés VIX s’est replié de 20% en juillet, mais se situe tout de même à un niveau relativement élevé de 24,5 (moyenne de 17 depuis les 10 dernières années). L’univers d’obligations canadiennes a produit un rendement de +1,3% pour le mois, celui des obligations corporatives a été légèrement plus élevé à +1,9% alors que les taux d’intérêt se sont légèrement abaissés tout au long de la courbe. L’obligation fédérale de 10 ans offre dorénavant un rendement anémique de +0,48 % au Canada (+0,55 % aux E-U).

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Juin 2020

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Avec l’été qui est bien installé, la première moitié de 2020 qui fut fort plus mouvementée que ce que beaucoup d’investisseurs anticipaient est maintenant terminée. Les performances année à date des principales Bourses demeurent négatives après les deux premiers trimestres allant de -3,1% pour le S&P 500 américain ($US) jusqu’à -11,1% pour les actions internationales (MSCI EAFE, $US), malgré le fort rebond observé au 2e trimestre. En juin, les différents marchés ont poursuivi leur redressement amorcé à la fin mars avec en tête les pays émergents qui ont enregistré des gains de 7,4% (MSCI EM, US$) suivi par les actions internationales avec 3,4% (US$). Les rendements du S&P/TSX canadien et du marché américain furent plus modeste, mais tout de même appréciables avec respectivement 2,5% et 2,0% ($US). Il faut toutefois retrancher -1,15% des rendements mensuels en devise américaine en raison de l’appréciation du dollar canadien au cours du mois.

Toutefois, l’évolution des différents marchés en juin illustre une dynamique avec laquelle il faudra probablement composer tant que la situation demeurera incertaine avec des nombreux renversements. En début de mois, les marchés ont été encouragés par une anticipation de reprises plus rapides découlant de la réouverture partielle de l’économie. Les chiffres de création d’emploi ont effectivement rebondi rapidement en juin, +953 000 au Canada et 4.8M aux États-Unis (É-U). Durant cette période, les titres valeurs prépondérants dans les secteurs cycliques ont été favorisés avant de retomber à partir de la mi-juin dès que l’évolution de la pandémie s’est mise à peser sur les marchés avec la détérioration de la situation dans les états du sud des É-U et dans certains pays d’Amérique Latine. Le leadership du marché est alors retourné vers les titres technologiques dits de qualité qui ont mené le rebond du printemps et continuent de voir leurs valorisations augmentées.

Les créations d’emploi mentionnées ci-dessus ont entrainé les taux de chômage en baisse de 0,3% et 2,6% au Canada et aux É-U respectivement. Toutefois, les niveaux de 12,9% au Canada et 11,1% aux É-U à la fin juin demeurent encore bien loin des niveaux de décembre 2019 qui étaient de 5,6% et 3,5% respectivement dans les deux pays. En Europe, l’augmentation du taux de chômage atteint des niveaux qui n’ont pas été vus depuis la mi-2015 (6,4% en Allemagne), mais la hausse demeure moins drastique pour différentes raisons structurelles. Dans nos discussions avec différents gestionnaires dans les derniers mois, notamment ceux se spécialisant auprès de compagnies en détresse, plusieurs s’attendent à un automne difficile pour de nombreuses compagnies alors que les mesures de support viendront à terme, selon ce qui a été annoncé jusqu’ici. Nous discutons avec plusieurs de ces gestionnaires afin d’évaluer les opportunités d’investissement dans ces stratégies si la situation venait à se détériorer.

Les taux 10 ans au Canada sont demeurés pratiquement inchangés à 0,54% en juin. Le rendement tout de même vigoureux de 1,7% de l’univers obligataire canadien s’explique par une baisse de 0,11% des taux à long terme (20 ans et 30 ans) et par la compression des écarts de crédit sur les obligations corporatives de 0,3%. À des niveaux de taux dépréciés, de petites variations ont un impact notable sur la performance. Des taux d’intérêt à de tels niveaux amèneront leurs lots de défis à l’avenir puisque le taux obtenu sur une obligation est le meilleur indicateur du rendement futur. D’un point de vue de construction de portefeuille, il faudra probablement revoir l’allocation aux obligations traditionnelles et intégrer de nouvelles stratégies à la portion à revenu fixe des portefeuilles.

Outre le virus, les marchés sont aussi sensibles à l’évolution des tensions de nombreux pays avec la Chine à la suite de l’imposition unilatérale de la nouvelle loi sur la sécurité à Hong Kong, des accrochages frontaliers avec l’Inde et autres accusations, justifiées ou non, de pratiques commerciales déloyales. Nous ne spéculerons pas sur les motivations géopolitiques de telles actions, mais elles semblent favoriser un alignement des différents pays s’estimant lésés par celles-ci. L’été est généralement une période plus calme sur les marchés avec un volume de transaction plus faible. En 2020, rien n’est pareil toutefois…

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Mai 2020

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De toute évidence, l’impact de la pandémie du coronavirus sur la vie de tout un chacun a monopolisé l’attention des marchés boursiers lors du mois de mai. Alors que les mesures de déconfinement se sont activées graduellement dans le monde, les marchés boursiers d’actions ont poursuivi leur élan positif à l’encontre des statistiques économiques ravagées par l’impact du virus.

Malgré une performance boursière moins spectaculaire que celle du mois d’avril, la cadence du marché fut régulière en mai. Le S&P 500 a produit un rendement de +4,8 % en $US (+3,0 % pour le S&P/TSX). En 20 séances boursières, l’indice a clôturé en hausse 13 fois (le S&P/TSX 14 fois). Les actions internationales ex-É-U. ont également très bien fait avec une performance de +4,4 % en $ US. Conséquemment, « l’indice de peur » des marchés VIX s’est replié au niveau moins menaçant de 27,5. Notons que cet indice a atteint 85,5 le 18 mars dernier, soit légèrement sous la pointe de 89,5 durant la crise financière en 2008. Il se négocie à une moyenne de 17 depuis les 10 dernières années. Signe que tous ne sont pas optimistes, l’Or (valeur refuge) a poursuivi sa progression par 2,5 % en mai portant son gain à 14,0 % pour l’année. L’univers d’obligations canadiennes a produit un rendement de +0,3 % pour le mois, celui des obligations corporatives a été légèrement mieux à +0,6 % alors que les taux d’intérêt sont demeurés relativement inchangés tout au long de la courbe. L’obligation fédérale de 10 ans offre un rendement de +0,54 % au Canada (+0,65 % aux E-U) qui devient négatif lorsque l’on tient compte de l’inflation, ce qui représente une alternative peu intéressante aux placements en actions dont le taux de dividende moyen de l’indice MSCI Monde était de 2,3 % au 31 mai.

Sans surprise, les statistiques économiques ont été éprouvantes en mai. Le mois a mal débuté avec la statistique hebdomadaire sur l’emploi américain qui s’est arrêtée à 3,8 millions de nouvelles pertes d’emplois portant les pertes cumulées à plus de 30 millions et poussant le taux de chômage à plus de 14 % à la fin avril (13 % au Canada). La mise en garde contre une réouverture de l’économie trop rapide par le Dr Anthony Fauci lors de son témoignage devant le Sénat ainsi que l’admission par l’Organisation mondiale de la Santé que le coronavirus pourrait ne jamais disparaitre n’avait pourtant rien pour aider le marché. Nonobstant tout ça, le marché était en mode « Risk On » comme l’impact positif des mesures de déconfinement a supplanté les nouvelles ou statistiques moins encourageantes. Les évaluations boursières reflètent rarement l’état présent de l’économie. Le marché boursier entrevoit une décroissance des profits des entreprises du S&P 500 de l’ordre de -40 % pour le trimestre en cours. La contraction du PIB aux États-Unis est anticipée à -37 % également pour le trimestre en cours, suivi par des rebonds de 16 % et 7 % pour les 3e et 4e trimestres selon les prévisions Bloomberg.

Les projections de la Réserve Fédérale américaine quant au taux de chômage aboutissent à 9,3 % pour la fin 2020, 6,5 % pour 2021 et 5,5 % en 2022 alors que l’économie sera de retour à son niveau d’avant crise. La FED est déterminée à supporter son objectif de maximum d’emploi notamment en conservant les taux d’intérêt inchangés à 0,25 % pour probablement les deux prochaines années, « not even thinking about thinking of raising interest rates » a-t-elle déclarée lors de sa dernière allocution. Des taux d’intérêt bas pour de longues périodes améliorent la rentabilité des projets et soutiennent les prix des actions.

Bien que la nature de la crise ait contribué à accentuer l’écart de performances entre les titres d’actions croissance (technologies, commerce et communications en ligne) et les titres d’actions valeur (financières et cycliques), nous croyons qu’il est important de s’exposer aux deux styles dont la diverge des rendements est de plus de 20 % en 2020. Le style de gestion en fonction de la valeur n’est pas mort, il est tout à fait raisonnable d’acheter à bas prix et vendre à haut prix tout comme d’avoir une exposition cyclique raisonnable pour l’après-coronavirus.

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Avril 2020

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En avril, les marchés ont poursuivi la tendance haussière qui s’était amorcée à la suite du creux du marché boursier du 23 mars. Encore une fois, la performance fut meilleure aux États-Unis qu’ailleurs sur la planète. Le S&P 500 enregistra une hausse de 12,8% (US$) pour le mois ce qui fait remonter la performance sur l’année à -9,3% pour cet indice, ici aussi la moins pire parmi les différentes régions. Au Canada, le rebond du S&P/TSX en avril se chiffre à 10,8% ($C), alors que les actions des pays émergents (MSCI EM, $US) et des pays développés ex-États-Unis (MSCI EAFE $US) enregistraient une hausse de 9,2% et 6,5%, respectivement.

Du côté des obligations, l’univers canadien a remonté de 3,8% alors que le segment corporatif de qualité (BBB et mieux) a eu une performance de 4,8% en avril. Une baisse des taux 10 ans de 0,15% et le resserrement des écarts de crédit ont contribué à cette performance. Toutefois, les écarts de crédit sur les obligations corporatives de qualité canadiennes demeurent tout de même à 1,94% à la fin avril, soit près du double du niveau observé avant la crise.

La performance du marché américain est grandement tributaire de la performance d’un groupe de 5 compagnies composé de Microsoft, Apple, Amazon, Facebook et Alphabet (Google). Celles-ci représentent plus de 20% de la capitalisation de l’indice phare américain du S&P 500 et leur performance sur l’année à la fin avril allait de +23,7% pour Amazon à -1,5% pour Facebook. Bien que certaines de ces compagnies se transigent à des multiples historiquement élevés, elles sont pour l’instant perçues comme des valeurs refuges durant cette crise en raison des services qu’elles offrent, d’un bilan généralement solide ou encore d’une position dominante dans leurs marchés respectifs. La dominance de ces compagnies sur le marché américain est antérieure à la crise actuelle. Toutefois, cette dernière l’accentue et expose encore plus l’écart de performance entre la Bourse américaine et le reste du monde ainsi qu’entre les styles de gestion valeur et croissance que nous observons depuis 2 ans.

Du côté canadien, le rebond s’explique grandement par le secteur des matériaux (+33% en avril) en raison de l’industrie aurifère qui a bondi de 41,8% durant le mois. Par contre, le secteur qui performe le mieux au pays depuis le début de l’année est celui des technologies de l’information avec +29.3% en avril et +24,5% en 2020. Ce secteur est dominé par une compagnie, Shopify, qui est brièvement devenue la plus grande capitalisation boursière canadienne devant la Banque Royale après une performance +71% en 2020. L’impact de ce titre sur l’indice du S&P/TSX est notable. À la fin avril, l’indice canadien avait une performance de -12,36% pour l’année en cours, mais si Shopify est exclu du calcul, la performance diminue de 2,15% pour se situer à -14,51%. Il semble néanmoins y avoir une poussée spéculative importante sur le titre de Shopify, ce dernier se transigeant à plus de 45 fois les ventes. À titre comparatif, Microsoft se transige à environ 10 fois les ventes et ce niveau est considéré relativement élevé.

Cette performance impressionnante des différents marchés arrive en même temps que des statistiques économiques mondiales horribles et sans précédent pour la majorité de la population des pays occidentaux. L’impact des différentes mesures de confinement et l’arrêt brusque de l’économie qui en résulte sont premièrement visibles à travers les statistiques d’emploi. En avril, il s’est perdu 3 millions d’emplois au Canada (20 millions aux États-Unis) élevant le taux de chômage de 4% à 14% (4% à 15% aux États-Unis). Les marchés anticipent une reprise d’ici la fin de l’année. La vision de Goldman Sachs à cet égard illustre bien ce consensus. La banque d’affaires américaine prévoit que le ralentissement sera très important au 2e trimestre suivi d’un rebond modestement élevé au 3e et 4e trimestre et une normalisation en 2021. Du côté de l’emploi, ils anticipent un taux de chômage se situant aux alentours de 9% aux États-Unis à la fin de l’année. Ils assument donc que l’ensemble des mesures fiscales et monétaires annoncées soutiendra l’économie et les travailleurs mis à pied. Cette vision, bien qu’elle soit celle que nous souhaitons, nous semble optimiste en raison des inconnus liés au virus. Le niveau du marché demeurera selon nous très sensible à l’évolution de la situation.

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Mars 2020

Commentaire mensuel


Avant de débuter cette revue de marché, nous espérons que vous et vos proches êtes en sécurité et en santé durant cette période de confinement.

Au mois de mars, l’impact économique lié aux mesures pour contrer la Covid-19 a été ressenti de plein fouet sur les différents marchés boursiers. Ironie du sort, le plus long marché haussier de l’histoire aux États-Unis a pris fin par la chute la plus rapide enregistrée en Bear market (-20%), soit 16 jours, entre la fin février et la mi-mars. La baisse extrêmement rapide et prononcée s’est poursuivie jusqu’au 23 mars avant d’amorcer un rebond dans la dernière semaine du mois suite aux nombreuses mesures annoncées par les banques centrales et les gouvernements. À titre d’exemple, le principal indice américain (S&P 500) affichait un rendement pour le mois de mars de -24,1% (en $US) à cette date, avant de finir le mois en recul de -12,3%. Pour l’année en cours, le recul cumulatif de cet indice se chiffrait à -19,6% à la fin mars. Au moment d’écrire ces lignes, le rebond se poursuivait au début avril. Nous demeurons d’ailleurs prudents vis-à-vis ce rebond qui semble anticiper un redémarrage rapide de l’économie alors que l’épicentre de l’épidémie se trouve maintenant chez nos voisins du sud.

La trajectoire des principaux indices boursiers fut semblable à celle observée pour le S&P500. Au Canada, le S&P/TSX a enregistré une performance de -17,4% en mars, alors que le MSCI EAFE, en $ US (actions internationales) et le MSCI EM, en $US (actions pays émergents) affichent des pertes de -13,3% et -15,8% respectivement. Pour les indices ex-Canada, l’appréciation du dollar américain par rapport à la devise canadienne de +5,6% en mars (+9,2% depuis le début de l’année) amenuise le choc pour un investisseur canadien. Du côté des indices obligataires, l’univers obligataire canadien affiche une perte de -2% en mars tandis que la portion corporative de l’univers affiche une perte de -5,4% sur la même période.

Les différents gouvernements et banques centrales des pays développés ont réagi avec force en annonçant de nombreuses mesures fiscales et monétaires. L’arrêt soudain de l’économie en raison des mesures de confinement force les gouvernements de ces pays à offrir des mesures inédites de support des salaires et des prêts et garanties aux entreprises. Ces mesures sont nécessaires puisque nous commençons à mesurer l’impact d’un arrêt soudain : mise à pied importantes et une hausse conséquente des demandes de prestation de chômage. Ces mesures aideront, mais ne pourront évidemment pas contrer en totalité l’impact économique d’un tel arrêt. Les économistes s’entendent pour une réduction drastique du PIB et de l’activité au 2e trimestre. À titre d’exemple, les économistes d’UBS estiment que l’économie perd de 2 à 3% du PIB pour chaque mois d’arrêt. Ces différentes mesures alourdiront évidemment le poids de la dette gouvernementale de 10% à 15% selon les estimations de Capital Economics, mais ces considérations sont bien secondaires en regard de la situation actuelle. Pour la suite des choses, l’ampleur et rapidité de la reprise restent nébuleuses et dépendent du retrait progressif des mesures de confinement. Certains pays dont la Chine, mais aussi l’Autriche et les Pays-Bas commencent à détendre certaines mesures. Ce qui en résultera nous éclairera sur la marche à suivre.

Du côté des banques centrales, notamment de la Fed, les outils utilisés durant la crise financière de 2008 ont été redéployés à la vitesse grand V en plus des baisses de taux annoncées. Ces outils visent évidemment à amoindrir le ralentissement soudain de l’économie causé par les mesures de confinement, mais les banques centrales ont aussi dû réagir pour maintenir la liquidité dans les différents canaux du système financier. Ce manque de liquidité a été causé par une demande accrue pour le dollar américain et les obligations fédérales américaines combinés à des ventes massives de fonds négociés en bourse (FNBs) sur des obligations corporatives créant un écart jamais vu entre la valeur de ces FNBs et les indices qu’ils sont censés suivre.

Pour en revenir au scénario de reprise, il se fera fort probablement de façon progressive au fur et à mesure que la pandémie est contrôlée et que la compréhension des mécanismes du virus s’améliore. Nous lisons tous les journaux et voyons la résilience et l’ingénuité humaine à l’œuvre afin de combattre cet ennemi invisible. Outre le travail fantastique effectué par l’ensemble des professionnels médicaux répondant à la situation immédiate, il semble se dessiner 3 axes qui devraient graduellement nous aider. Le premier front concerne des tests sérologiques pour comprendre la propagation du virus en détectant la présence d’anticorps dans le sang. Des tests à grande échelle sont en train d’être mis sur pied, en Allemagne notamment, et devraient donner des résultats d’ici quelques semaines. Cela devrait aider à mieux cibler la réponse des autorités. Le deuxième front concerne l’efficacité de médicaments antiviraux pour aider la réponse inflammatoire des patients développant des symptômes aigus. Des études cliniques sur plusieurs médicaments candidats sont en cours et devraient être publiées dans les prochaines semaines. Finalement, l’étape ultime est le développement d’un vaccin. Un processus déjà en cours, mais qui sera plus long et nous amène en 2021.

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Février 2020

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Le coronavirus aura monopolisé l’attention des marchés financiers lors du dernier droit du mois de février tout comme en ce mois de mars.

Mais avant, les marchés boursiers d’actions ont débuté le mois de février en force. Plutôt optimistes quant au confinement de ce virus, les indices Dow Jones, S&P500 et Nasdaq avaient récupérés les pertes du mois de janvier et atteints de nouveaux sommets en date du 6 février. Encouragé, entre autres, par l’intervention rapide de la Banque de Chine pour pallier les contrecoups du virus à son économie en abaissant les taux d’intérêt, les bonnes statistiques de l’emploi aux États-Unis (225 000 nouvelles embauches) et les résultats financiers encourageants des entreprises américaines pour le dernier trimestre de l’année 2019, l’élan positif du marché s’est poursuivi avec aplomb jusqu’au 19 février. Jusqu’à là, le S&P 500 était en hausse de 5,0% durant le mois de février.

Toutefois, l’évolution du virus à l’extérieur de la Chine, notamment en Italie, tout comme les décès reliés à la maladie au Japon, en Corée du Sud et en Iran, ont nourri les inquiétudes quant aux risques et conséquences d’épidémie et de pandémie. Aussi, l’impact possible des mesures de confinement sur les économies affectées et non affectées a vite augmenté les probabilités de récession mondiale. Dès lors, la frayeur a envahi les marchés et l’indice de peur VIX a terminé le mois au niveau très élevé de 40,1, en hausse de 113% par rapport à la fin-janvier. Depuis son sommet du 19 février, le S&P 500 a perdu 12,8% au cours des sept dernières séances boursières de février pour terminer le mois en baisse de 8,4%. La demande en énergie s’est grandement affaiblie et a réduit le prix du baril de pétrole par 13,2% (-26,7% pour l’année). Comme les taux d’intérêt se sont légèrement repliés tout au long de la courbe, le rendement de l’indice d’obligations canadiennes a été de +0,7% pour le mois, nettement insuffisant pour pallier les pertes produites par les actions.

Au moment d’écrire cette revue, les marchés boursiers poursuivent leur mauvaise lancée en mars. La séquence sans marché baissier (perte de 20%) entamée le 9 mars 2009 s’est finalement arrêtée 11 années + 2 jours plus tard (le 11 mars 2020). La guerre des prix du pétrole entre la Russie et l’Arabie Saoudite a fait fondre davantage la valeur de la commodité ce qui a du même coup accentué la panique sur les marchés et forcé l’arrêt temporaire de la Bourse le lundi 9 mars. À un prix de moins de 40$ le baril, plusieurs producteurs pourraient se trouver rapidement en difficulté financière, notamment les producteurs américains de gaz de schiste. Et encore, l’annonce surprise du président Trump d’interdire l’entrée aux États-Unis des Européens a provoqué pour plusieurs bourses leurs pires pertes journalières (le jeudi 12 mars) depuis le ‘’crash’’ de 1987, avant de les voir rebondir tout aussi spectaculairement le lendemain.

Dans les conditions actuelles, il est difficile de prévoir l’impact sur l’économie mondiale de cette tragédie et des importantes mesures gouvernementales entreprises pour affaiblir la pandémie. Mais selon une étude Bloomberg publiée en début de semaine passée, la probabilité d’une récession mondiale en contexte de contrôle de la situation se chiffrait à plus de 50%. Avant l’éclosion du virus, l’économie mondiale avait une croissance prévue à 3,3% pour 2020 et se trouvait sur une pente ascendante. Cette croissance était révisée à 2,6% si la situation se maitrisait mieux dans le monde qu’elle ne l’avait été en Chine, Italie et Corée du Sud. Dans un scénario de pandémie mondiale avec épidémies importantes dans toutes les premières économies, la croissance était révisée à 0% pour 2020. En fonction des événements de la semaine dernière, la probabilité d’une décroissance (croissance inférieure à zéro) est très élevée à notre avis.

La nature de la crise (un virus très contagieux) tout comme la rapidité et l’amplitude des baisses de marché (-30% en 3 semaines) nous rappellent que de tels mouvements de marché ne peuvent être anticipés. Il est tout aussi impossible de prévoir quand et à quelle vitesse la remontée s’effectuera, mais elle pourrait s’avérer tout aussi spectaculaire.

Pareillement, nous ne savons pas quand la communauté scientifique aura le dessus sur ce virus, mais nous avons confiance qu’elle y parviendra. Il faut donc résister à l’envie de vendre le marché, mêmes que plusieurs aubaines semblent à portée des investisseurs intrépides.

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Janvier 2020

Commentaire mensuel


Encouragés par la signature de l’entente commerciale, phase 1, entre les États-Unis et la Chine, les marchés boursiers ont entamé l’année en force, malgré l’escalade des tensions géopolitiques entre l’Iran et les États-Unis. Aussi, les premières publications des performances financières des entreprises américaines pour le 4e trimestre de l’année, tout comme les statistiques sur le marché de l’emploi du mois de décembre publié en janvier, ont satisfait les investisseurs et contribuées à l’avancement des indices boursiers américains vers de nouveaux records.

Toutefois, l’annonce du 19 janvier d’un premier cas de coronavirus aux États-Unis dans l’état de Washington a refroidi cet élan boursier. La diffusion du coronavirus à l’extérieur de la Chine et son risque de ralentissement de l’économie mondiale a fait bondir de +37% l’indice de peur VIX. L’impact de ce virus sur l’activité économique chinoise et mondiale est inconnu, mais sera certainement plus important qu’en 2003 lorsque le SRAS avait troublé les marchés. L’économie chinoise représente maintenant 15,8% de l’économie mondiale comparativement à 4,2% à l’époque.

Plusieurs entreprises opérant en Chine ont vite été incommodées par ce virus, dont le producteur d’iPhone Foxconn qui produit la moitié de tous les téléphones Apple. Situé dans la ville de Zhengzhou et employant près de 200,000 personnes à la production du populaire téléphone, Foxconn a dû arrêter toutes ses opérations. Autre exemple, l’entreprise Starbucks qui génère 10% de ses ventes totales en Chine a fermé la moitié de ses 4,100 lieux de vente en Chine. Ces deux entreprises ont perdu respectivement 9,9% et 9,5% lors des dernières séances boursières de janvier.

L’indice d’actions chinoises MSCI Chine a perdu 4,8%, le MSCI ACWI, indice mondial de pays développés et émergents, a quant à lui, reculé de 1,1%. Rappelons que ces indices avaient produit en janvier 2019 des hausses respectives de 11,1% et 7,9%. Sur le marché des devises, comme le huard a perdu 1,8% contre le billet vert et 0,5% contre l’euro, les placements en devise étrangère ont rapporté un gain de devise appréciable pour un investisseur canadien.

Comme les commodités sont vulnérables aux perturbations sur la croissance économique chinoise, le pétrole (-15,6%), le gaz naturel (-15,9%) et le cuivre (-10,0%) ont notamment souffert. La performance boursière de janvier fut difficile pour les gestionnaires qui préconisent le style de gestion valeur et qui détiennent des titres cycliques reliés aux prix des commodités. Conséquemment, l’indice des actions valeur a sous-performé celui des actions croissance par 4,5% durant le mois. Cependant, les gestionnaires de portefeuilles sondés à ce sujet sont d’avis que la dispersion de ce virus semble se contenir et bien que ce virus ait un effet sur les résultats à court terme, il n’affectera pas les résultats à long terme et pourrait provoquer des opportunités d’achats.

Somme toute, l’incertitude provoquée par ce virus a élevé le niveau de risque de marché boursier et favorisé les titres obligataires. Les taux d’intérêt se sont fortement repliés tout au long de la courbe de taux d’intérêt au Canada poussant le rendement de l’indice d’obligations canadiennes à +2,9% pour le mois. Au 31 janvier, l’obligation du gouvernement canadien 10 ans rapportait +1,29% de rendement (en baisse de -0,43% par rapport au mois passé) et comparativement à une obligation 2 ans qui rapportait +1,44% de rendement.

Statistiques

Données économiques canadiennes et américaines