Revue des marchés mensuelle

Février/Mars 2021

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Les principaux indices boursiers ont tous atteint de nouveaux sommets durant le premier trimestre. D’un point de vue de la performance, le marché canadien a clôturé mars en hausse de 3,87% (S&P/TSX) pour terminer le trimestre à l’avant du peloton avec des gains de 8,05%. L’indice phare américain du S&P 500 ne fut pas en reste en mars avec une performance de 4,38% ($US) ce qui lui permet de conclure les trois premiers mois de l’année en hausse de 6,17%. De leur côté, les actions internationales (MSCI EAFE, $US) et de pays émergents (MSCI EM, $US) ont enregistré des gains plus modestes de l’ordre de 3,60% et 2,34%, respectivement, pour l’année à date.

Le premier trimestre a aussi connu une accélération de la rotation en faveur des industries cycliques et des titres de petites capitalisations qui s’est amorcée avec l’arrivée des premiers vaccins l’année dernière. Les secteurs financier, énergétique et industriel ont été les plus performants. Ce qui a mené l’indice valeur des actions mondiales (MSCI Monde Valeur) à surperformer sa contrepartie croissance par un écart appréciable de plus de 9% sur le trimestre (9,7% vs 0,3%, %US), ce qui ne s’est pas vu au cours des cinq dernières années. Le secteur financier a aussi été aidé par l’augmentation des taux d’intérêt. Après avoir touché un creux l’été dernier, les taux d’intérêt ont graduellement remonté à des niveaux comparables à ceux d’avant la pandémie en raison des anticipations de reprises en 2021. Le taux 10 ans canadien était de 1,56% à la fin mars, en augmentation de 0,89% depuis la fin décembre. En conséquence, le marché obligataire a de son côté expérimenté un premier trimestre plus difficile avec des pertes de -5,04% en raison de sa sensibilité élevée aux hausses de taux. L’univers corporatif s’en tire un peu mieux avec une performance de -3,49%.

Du côté économique, les différents indicateurs au niveau de l’emploi et des intentions d’achats continuent de pointer vers une reprise graduelle. Le taux de chômage est redescendu à 6% en mars aux États-Unis et à 7,5% au Canada. Dans les deux cas, il s’agit des niveaux les plus faibles depuis le début de la crise. Toutefois, le taux de participation demeure inférieur à ce qu’il était avant la pandémie ce qui nous indique qu’une partie de la population n’est toujours pas de retour sur le marché de l’emploi. Pour cela, il faudra attendre la reprise dans les secteurs affectés directement par la crise. À ce sujet, les différentes projections de normalisation de l’activité économique, notamment celles de Goldman Sachs et la Deutsche Bank, sont toutes tributaires du succès des campagnes de vaccinations et du relâchement des mesures de confinement. Ils anticipent que cette normalisation se produira au début de l’été aux États-Unis, à l’automne au Canada, vers la fin de l’année en Europe et en 2022 pour le reste du monde. Toutefois, différents points de frictions apparaissent au niveau de la chaine d’approvisionnement mondial et la rareté de certaines composantes, notamment les puces électroniques, cause des retards et des hausses de prix. Ces impacts nous semblent transitoires pour l’instant, mais se doivent d’être surveillés.

Les marchés ont fortement rebondi lors des derniers mois et rapidement projeté leurs attentes dans un monde post-pandémie. Les anticipations de bénéfices annuels, du MSCI Monde pour l’année 2021, sont passés d’un creux de 95 $US en 2020 à US$ 133 à la fin mars 2021. Il faudra maintenant confirmer ces attentes ce qui pourrait donner lieu à quelques secousses. Toutefois, nous ne croyons pas au dicton sell in may and go away, mais nous souhaitons à tous les amateurs de pleine-air, de golf et sports nautiques de profiter des températures plus clémentes à venir. Bon printemps !

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Janvier 2021

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En janvier, les indices boursiers d’actions de pays développés à grandes capitalisations boursières se sont légèrement repliés (-1,0% pour le MSCI Monde en $ US), alors que ceux des pays émergents se sont appréciés considérablement (+3,1% en $ US pour le MSCI Émergent), tout comme ceux des actions de petites capitalisations boursières (+2,4% pour le MSCI Monde petites capitalisations). Ce phénomène de performances supérieures des petites capitalisations et des actions des pays émergents est en contraste avec ce qui s’est déroulé au cours des dernières années ou pratiquement seules les grandes capitalisations américaines et leur concentration en titres FAANG avaient la cote des investisseurs.

Après un bon début de mois entraîné par le déploiement mondial des vaccinations et la promesse de nouvelles mesures de relance budgétaire suite aux victoires surprises démocrates dans les élections pour les deux sièges du Sénat en Géorgie, le MSCI Monde était en hausse de +3,0% (en $ US) en date du 20 janvier. Cependant, en fin de mois, les inquiétudes reliées aux retards d’approvisionnement en vaccins se sont accrues, brouillant de nouveau l’horizon du retour à une certaine normalité.

Toutefois, l’évènement inusité du mois et qui a pris d’assaut les nouvelles financières en janvier a été cette guerre entre les day-traders qui se sont concertés et regroupés avec l’aide d’applications de négociations boursières telles que Robinhood contre les hedge funds (fonds de couverture) de Wall Street qui avaient des positions à découvert (Short). Cette guerre a mis en lumière cette montée en popularité des forums d’investisseurs en ligne qui se concertent et tente d’influencer le cours boursier de certaines compagnies sans trop d’égards aux fondamentaux financiers de ces entreprises. Des compagnies comme Gamestop et AMC ont des difficultés et certains hedge funds voulant profiter de ces difficultés avaient emprunté ces actions et les avaient vendues à découvert, espérant éventuellement les acheter moins cher et rembourser leur emprunt de titres. Cependant, ces nouveaux day-traders ont décidé de faire grimper le prix de ces actions. Gamestop a atteint une hausse de 1700% à un certain point en janvier, provoquant ainsi des pertes importantes pour les hedge funds. Pour répondre à des appels de marge, ces derniers ont dû racheter ces titres, faisant davantage grimper leurs prix ! Melvin Capital, un fonds de couverture qui a parié contre GameStop, a perdu 53% de sa valeur en janvier. Melvin Capital a dû être renfloué par Citadel et Point72, deux fonds de couverture qui ont fourni une ligne de sauvetage de 2,75 milliards de dollars. Bien que cette guerre impliquât qu’une sélection restreinte de titres, le marché boursier a terminé le mois en titubant à bien saisir les conséquences de ce nouveau phénomène.

Sur le marché des changes, le dollar canadien a perdu -0,4% contre le dollar américain, mais a gagné 0,6 % contre l’euro. L’indice « de peur » des marchés VIX à grimper à un niveau légèrement supérieur à 33 soit une hausse de 45 % par rapport à sa clôture au 31 décembre. Finalement, pour ce qui est du marché obligataire, les taux d’intérêt ont augmenté considérablement sur la portion long terme de la courbe du Canada avec une hausse de 0,18% pour les 10 ans et +0,25% pour les 30 ans, tout comme aux États-Unis (+0,18% pour les 10 ans et +0,22% pour les 30 ans). L’obligation fédérale de 30 ans offre dorénavant un rendement de 1,48% au Canada (1,87% aux E-U). Conséquemment l’indice des obligations canadiennes a produit un rendement négatif de -1,1% et celui des obligations corporatives a produit un rendement négatif de -0,5%.

Et il y a eu la tragique insurrection du Capitole à Washington le 6 janvier, mais la Bourse n’y a pas beaucoup donné d’importance…

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Décembre 2020

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Nous profitons de l’occasion qui nous est offerte pour souhaiter une bonne année 2021 à l’ensemble de nos clients et partenaires. Les vœux de santé et bonheur qui accompagnent ce souhait revêtent une nouvelle importance après l’année 2020 qui nous venons de traverser.

Du côté des marchés, 2020 s’est conclu avec des hausses appréciables en décembre pour l’ensemble des places boursières, bien que moins marquées que celles du mois précédent. Les actions de pays émergents (MSCI Émergent) ont enregistré une hausse de 7,4% en décembre (en $ US) ce qui leur permet de revendiquer du même coup le titre de marché avec la meilleure performance annuelle de 2020 avec un rendement de 18,7% tout juste devant l’indice phare des actions américaines, le S&P 500, qui a connu une hausse de 3,8% (en $ US) en décembre pour un rendement en 2020 de 18,4%. En termes de performance annuelle, les actions internationales (MSCI EAFE, en $ US) et le marché canadien (S&P/TSX) ferment la marche avec des rendements de 8,3% et 5,6% respectivement en 2020. Ces chiffres cachent toutefois le tumulte qui s’est produit cette année. Il faut se rappeler qu’au creux observé le 23 mars, les différents marchés étaient en baisse de plus de 30%. Le rebond subséquent fut donc extrêmement rapide et important. Le S&P 500 n’a eu besoin que de 148 jours (18 août 2020) pour rattraper le terrain perdu, en route pour finir l’année en forte hausse. À titre comparatif, près de 4 ans furent nécessaires lors de la crise de 2008.

Comme il est de coutume en début d’année, les stratégistes sortent leurs boules de cristal et y vont de leurs prévisions. Au niveau de l’activité économique, le consensus recensé par l’agence Bloomberg s’attend à un rebond relativement fort montant en puissance dans la 2e moitié de l’année une fois les campagnes de vaccination bien lancées. La croissance du PIB réel (avant inflation) anticipée est de 4% aux États-Unis, de 4,4% au Canada et 8,2% en Chine en 2021. Ce rebond soutenu est tributaire de l’effort de relance fiscale et monétaire considérable dont les estimations se chiffrent maintenant à 28 mille milliards (en $ US) au niveau mondial, selon le gestionnaire KKR et Cornerstone Macro. Des chiffres tellement énormes qu’ils frôlent l’absurde, mais illustrent pleinement l’ampleur de l’effort. Pour les marchés, les prévisions sont donc généralement optimistes, mais tout de même modérées. Pour le marché américain, le consensus ascendant (compagnie par compagnie) de l’indice S&P 500 compilé par Bloomberg nous amène à un niveau à la fin de 2021 de près de 4 000 vs 3 756 à la fin 2020. En tenant compte des dividendes attendus, soit 1,61%, cela donnerait un rendement de 8,1% pour 2021. En lien avec la reprise, la plupart des stratégistes voient un rebond des secteurs plus cycliques et des compagnies de plus petites capitalisations. Ceci devrait contribuer à réduire l’écart de performance entre les styles valeur et croissance et possiblement favoriser les actions internationales et les pays émergents.

Du côté des marchés obligataires et des taux, l’anticipation quasi unanime est que les taux à court terme resteront bas pour longtemps en ligne avec ce que les grandes banques centrales ont annoncé. Les anticipations de rendements sont donc faibles considérant que le taux 5 ans canadien était à 0,41% à la fin décembre et que les écarts de crédit se sont fortement compressés et sont revenus à des niveaux prépandémie (1,18% à la fin décembre au Canada). En raison des mesures de soutien énoncées ci-haut et l’endettement croissant des gouvernements, certains annoncent le retour d’une inflation modérée à moyen terme ce qui pourrait amener les taux à la hausse. Il faudra continuer de garder un œil là-dessus… comme depuis 2008.

Au niveau géopolitique, comme bien des gens, nous espérons parler de M. Trump pour une dernière fois en tant que Président des États-Unis dans cette lettre-ci. Un comportement moins erratique est attendu de M. Biden, mais les défis qui l’attendent lorsqu’il prendra officiellement le pouvoir le 21 janvier sont énormes et ont été mis en relief par les tristes évènements des derniers jours. En tant que voisins des États-Unis, nous ne pouvons qu’espérer que les choses redeviennent plus tranquilles.

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Novembre 2020

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En novembre, tous les indices boursiers d’actions ont produit des résultats exceptionnels. Les actions canadiennes ont généré un rendement de 10,6 % (S&P, TSX en $ CA), les actions américaines de 10,9 % (S&P 500 en $ US), les actions internationales 15,5 % (MSCI International en $ US) et les actions de pays émergents 9,3 % (MSCI émergent en $ US). Les actions mondiales de style valeur (15,1 % en $ US) ont surperformé celles de style croissance (10,9 % en $ US). Les titres canadiens du secteur de l’énergie ont rebondi de 19,5% et les financières de 16,4%. Sur le marché des changes, le dollar canadien a gagné 2,5 % contre le dollar américain et 0,2 % contre l’euro. Pour ce qui est du marché obligataire, les écarts de crédit se sont rétrécis et l’univers des obligations corporatives a produit un rendement de 1,7 % tandis que celui de tout l’univers a produit un rendement de 1,0 %.

La victoire du démocrate Joseph Robinette Biden Jr aux élections présidentielles américaines aura soufflé le premier de deux élans boursiers majeurs durant le mois. Misant sur la décence, l’unité et la guérison nationale, cet avocat au long parcours politique aura gagné son pari et deviendra le 46e président des États-Unis. Bien que cet évènement tant attendu ait occupé la presque totalité de l’attention médiatique financière durant le mois, les annonces successives de trois vaccins efficaces à la lutte contre le coronavirus ont propulsé le second élan boursier et non le moindre.

Les titres les plus affectés lors de la débâcle boursière des mois de février et mars 2020, soient les compagnies aériennes, les compagnies de croisières, les banques et autres titres cycliques ont explosé dès l’annonce des résultats du vaccin de Pfizer (le premier à annoncer). Ce rebond des titres de style « valeur » était très attendu, l’écart de rendement avec les titres de style « croissance » avait atteint un sommet sans précédent, soit supérieur à celui causé par la bulle technologique lors de la fin des années 1990. L’avenir nous dira si cette divergence de rendements entre ces styles en est à son dernier souffle.

Toutefois, il se brosse certains signes avant-coureurs du commencement d’un nouveau cycle économique. Notamment, l’affaiblissement du dollar américain et le fort rebond des titres de petites capitalisations. Lors de 9 des 10 récessions d'après-guerre aux États-Unis, les titres de petites capitalisations américains ont surperformé les titres de grandes capitalisations durant la reprise par une marge moyenne de 11%. De plus, pour les actions mondiales de grandes capitalisations, les secteurs cycliques et le style « valeur » ont surperformé au moment de la reprise lors des deux dernières récessions (bulle techno et 2008).

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Octobre 2020

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Comment pouvons-nous parler du mois d’octobre 2020 sans mentionner les élections américaines? Il fut un temps où la politique monétaire était le point central pour décortiquer la performance des marchés. La politique prend maintenant l’avant-plan.

L’augmentation des cas de Covid-19 depuis la rentrée scolaire et la nonchalance du Gouvernement Trump pour contrôler cette augmentation a amené une deuxième vague qui dépasse le nombre de cas quotidien atteint lors de la première vague. Les marchés financiers ont craint, et ce depuis septembre, mais accentué à la fin octobre, la réimposition des mesures de restriction sanitaire et de ses conséquences maintenant bien connues sur l’économie. Vers la fin d’octobre, il était de plus en plus évident que, si près d’une élection si chaudement disputée, aucun parti (républicain et démocrate) n’était pour faire de concessions quant au plan d’aide à la relance économique pour soutenir les travailleurs affectés par la récession. Les marchés ont donné leur point de vue et mis à part le marché des pays émergents, les marchés développés de grande capitalisation ont terminé à la baisse entre 2,7 et 4,5% $US. Encore ce mois-ci, le marché canadien est à la baisse de 3,1% pour un rendement année à date de -6,1%. Disons que le prix du pétrole en chute de 11% en octobre et de 41% pour l’année n’aide en rien.

Malgré deux mois consécutifs de baisse pour le marché d’actions américaines, on ne peut toujours pas conclure que celui-ci est maintenant à un prix plus raisonnable. Selon Ned Davis Research, le S&P 500 (actions américaines) se transige à un multiple de 2,5x les ventes, ce qui serait selon eux un niveau jamais atteint depuis 1955 et aussi que la capitalisation totale du S&P 500 atteint 1,78x le PIB américain, soit son niveau le plus élevé depuis 1925. Il ne serait pas surprenant que le marché américain soit à un moment donné celui qui performera le moins bien par rapport aux autres marchés d’importance sur la planète. Est-ce que ce sera lorsque les titres technologiques (principalement concentrés aux É.-U.) auront corrigé de leur valorisation stratosphérique? Poser la question est y répondre.

Au niveau économique, le PIB américain a tout de même augmenté de 33,1% sur une base annualisée, ce qui s’avère le meilleur trimestre jamais enregistré, mais il suivait une déconfiture de 32,9% le trimestre précédent. Quelques fois, il est plus représentatif de comparer les données d’un trimestre à l’autre que de comparer des chiffres sur une base annuelle (ce qui est généralement le consensus pour refléter les variations du PIB d’un pays). Si on compare d’un trimestre à l’autre, le trimestre Q3 américain a augmenté de 8,91% par rapport à Q2, tandis que Q2 avait baissé de 9,59% par rapport à Q1, et le premier trimestre était négatif de 1,76%. Cela fait beaucoup de données, nous en convenons, mais en 2020, les données sont tellement extrêmes que cela devient plus difficile de les mettre en perspective et nous devons parfois montrer les résultats sous un angle différent.

La création d’emplois est une autre donnée d’importance du point de vue économique. Aux E-U en octobre, 638 000 nouveaux emplois ont été créés abaissant ainsi le taux de chômage à 6,9%. Ce qui représente une diminution de 1% par rapport au mois précédent, mais qui est une réduction du taux de chômage plus lente que lors des derniers mois. N’oublions pas qu’il a atteint un record d’après-guerre de 14,7% en avril 2020.

Nous ne pouvons passer sous silence un début de mois de novembre boursier fulgurant en réponse à la conclusion des élections américaines, mais surtout à l’annonce de la venue d’un vaccin prometteur par Pfizer. Cependant, nous avons assez d’expérience pour apprécier la hausse boursière sans toutefois nous emballer trop rapidement.

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Septembre 2020

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Le retour des étudiants à l’école combiné aux températures plus froides d’automne fait craindre le développement d’une 2e vague de Covid-19 et la possibilité reconfinement de l’économie. Ainsi, le mois de septembre alimenté d’incertitude entraina à la baisse la majorité des marchés boursiers d’actions; -2,1% au Canada (S&P/TSX, $C), -3,8% pour les grandes capitalisations américaines (S&P 500, US$). À l’international, le MSCI EAFE a reculé de 2,6% (US$), les marchés émergents ont fait légèrement mieux (-1,6%, MSCI EM, US$) que les marchés développés (-3,4%, MSCI Monde, US$). Le dollar américain, monnaie de refuge en temps d’incertitude, s’est apprécié de 2,3% contre le dollar canadien améliorant ainsi le rendement pour un investisseur canadien. Quant au revenu fixe, l’univers obligataire canadien a timidement progressé de +0,32% à la suite de faibles baisses des taux. L’univers obligataire gouvernemental (+0,43%) s’est légèrement démarqué par rapport à l’univers corporatif (+0,01%).

Pour une rare fois, les grandes compagnies « technologiques » ont été plus malmenées que les indices boursiers traditionnels. Par exemple, en US$, Tesla -13,9%, Facebook -10,7%, Apple -10,3%, Alphabet [Google] -10,1% Amazon -8,8%, Microsoft -6,7% et Netflix -5,6%, tous des composantes importantes de l’indice NASDAQ 100 entrainèrent le rendement de cet indice vers le bas à -5,7%. Cela a mis un terme à onze mois consécutifs de surperformance du NASDAQ 100 contre le MSCI Monde équipondéré (-2,4%). Séquence où l’indice technologique a surperformé par plus de 50%. De plus, septembre fut le premier mois en 2020 où les indices américains de style valeur ont surperformés ceux de style croissance. Les marchés surveillent avec attention la course au vaccin, de bonnes nouvelles pourraient enclencher une grande rotation en faveur des secteurs qui ont été malmenés depuis le début de la pandémie.

La création d’emploi aux É.-U. (661 000) s’est dévoilée en dessous des attentes (850 000) et parait s’essouffler comparativement aux 1,4 million de postes créés en août, un stimulus supplémentaire provenant de l’état semble nécessaire. Tout de même, le taux de chômage se voit diminué à 7,9%, niveau possiblement illusoire comme plusieurs chômeurs ont cessé leur recherche d’emploi. En septembre seulement, ils sont 700 000 à avoir abandonné la recherche de travail.

Le dernier droit de la campagne présidentielle s’amorce aux États-Unis. Historiquement, le président sortant n’a été que rarement défait lors d’une campagne de réélection. Toutefois, différentes analyses publiées par Deutsche Bank démontrent qu’un marché de l’emploi qui s’est détérioré dans les 3 trimestres avant l’élection comme c’est le cas actuellement tend à favoriser le candidat du parti qui n’est pas au pouvoir, le démocrate Joe Biden dans ce cas-ci. Cette lecture est confirmée pour l’instant par les différents sondages nationaux. Néanmoins, le résultat final sera fortement influencé par le 40% d’Américains ne s’identifiant pas à l’un ou l’autre des parties. Combien d’entre eux iront voter et comment voteront-ils influencera le résultat dans les états clés qui feront pencher la balance en faveur de l’un des candidats. Il faut noter qu’une majorité de ces électeurs indépendants, environ 60%, sont insatisfaits de la gestion de la pandémie par M. Trump. Toutefois, outre la volatilité plus élevée généralement observée sur les marchés avant les élections, les impacts à plus long terme sur les marchés sont difficiles à évaluer. Historiquement, lorsqu’un candidat démocrate bat un président républicain, les performances boursières lors de l’année électorale sont en moyenne négative (-4,8%, MSCI Monde US$), mais deviennent fortement positives (+28,6%, MSCI Monde US$) durant l’année d’inauguration, une moyenne toutefois établie sur peu d’occasions (5).

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Août 2020

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Au mois d’août, les marchés étaient de nouveau à la hausse alors que la performance année à date des actions mondiales (MSCI Monde) est de retour du côté positif (+5,7% en $US) à la suite d’une performance de +6,7% (en $US) lors du mois. La situation fut tout aussi positive aux États-Unis (+7,2%, S&P 500 en $US) et à l’international (MSCI EAFE en $US, +5,2%). La hausse du marché américain représente d’ailleurs la meilleure performance enregistrée durant un mois d’août en 30 ans lors d’une période qui normalement est plus calme pour les marchés. Le rendement du MSCI Pays émergents et du S&P/TSX canadien furent plus modestes, mais tout de même appréciable avec +2,2% (en $US) et +2,3%, respectivement. En raison de l’appréciation importante du dollar canadien, il faut cependant retrancher -2,7% aux performances en devise américaine.

Encore une fois, les principaux titres technologiques et le style croissance ont mené la charge avec une certaine exubérance. L’exemple parfait est la performance de Tesla durant le mois. Après avoir annoncé le 11 août un fractionnement d’action 5 pour 1, le titre s’est envolé de prêt de +71% jusqu’à la fin du mois. Toutes sortes de raisons ont été avancées pour expliquer ce mouvement, mais un fractionnement d’action ne change en rien la valeur totale d’une compagnie. On divise simplement celle-ci en un plus grand nombre de parts. On peut admirer M. Musk et trouver que les voitures de Tesla révolutionnent l’industrie, mais nous sommes tout de même dubitatifs devant ce qui s’est produit. Tesla illustre aussi le risque posé par des mouvements extrêmes qui peuvent se renverser brusquement. Au début septembre, le titre a plongé de 33% en 5 jours avant de se replacer légèrement.

De leur côté, l’univers obligataire canadien a reculé de -1,1% alors que son segment corporatif de qualité investissement (BBB et +) a légèrement mieux fait, mais recule tout de même de -0,5%. Une hausse des taux 10 ans de +0,18% a contribué à cette sous-performance. Les écarts de crédit étant une mesure de l’appétit pour le risque des investisseurs, il est intéressant de noter à quel point ces derniers se sont resserrés depuis le sommet de la mi-mars particulièrement pour le segment des obligations corporatives de qualité. Tant au Canada qu’aux États-Unis, les écarts sur ces obligations tournent maintenant autour de 1,3% par rapport aux sommets en mars de 2,7% et 3,8%, respectivement. Notez que les titres obligataires spéculatifs ont atteint des écarts encore plus élevés durant cette période. Le retour vers des écarts qui sont en ligne avec les moyennes historiques à long terme alors que nous sommes toujours dans un environnement incertain démontre la force de persuasion de l’intervention des Banques Centrales.

La reprise économique continue avec les indices d’achat avancés qui sont en territoire d’expansion pour les grands blocs économiques (États-Unis, Europe, Chine) et le Canada ce qui est en soit une bonne nouvelle, mais n’indique pas l’ampleur du rattrapage à faire. Bien que le taux de chômage ait redescendu à 10.2% et 8.4% au Canada et aux États-Unis, le nombre d’emplois perdus restant a récupéré reste élevé (1.1M au Canada et 11.9M aux É.-U.). L’impact durable de la crise actuelle qui dictera en partie la force de la reprise réside dans la proportion des emplois à récupérer qui se transformeront en pertes permanentes. Un article du Washington Post citant une étude du Labor Department américain anticipe qu’entre 2.5 et 5 millions de ces pertes d’emploi depuis la fin février deviendront permanentes. L’extension des mesures fiscales temporaires chez nos voisins du sud pourrait aider à contrer cet impact, mais les négociations sont pratiquement au point mort avec le début d’une campagne électorale présidentielle qui s’annonce des plus acrimonieuse.

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Juillet 2020

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Les marchés ont poursuivi leur remontée en juillet alors que l’indice boursier d’actions mondiales a progressé de 4,8% durant le mois (-0,9% pour l’année en $US). Toutefois, cette remontée boursière s’avère inéquitable alors qu’une minorité de titres à grande capitalisation, résistants à l’économie de pandémie, améliorent les rendements des indices globaux de marché. Parallèlement, le cours de l’or poursuit sa trajectoire haussière soutenue, entre autres, pour sa valeur refuge, par la diminution de la demande pour le billet vert et par des taux d’intérêt anémiques.

Chef de file incontesté cette année, l’indice boursier des « technologies » Nasdaq 100 a produit un rendement de +7,4% en juillet et +25,6% depuis le début de l’année (en $US). Cet indice dont les six plus grandes positions représentent 49% de son poids, sont dans l’ordre Apple, Amazon, Microsoft, Facebook, Alphabet (Google) et Tesla. À l’opposé se trouve le sous-indice boursier MSCI Monde « Valeur » dont les 6 plus grandes positions sont Johnson & Johnson, Procter & Gamble, JP Morgan, Home Depot, Berkshire Hathaway et Verizon. Son rendement fut de +2,6% en juillet et -15,3% depuis le début de l’année (en $US). L’écart de rendement entre ces deux groupes de titres est remarquable et atteint plus de 40% depuis le début de l’année. À titre de comparaison, le Nasdaq 100 se transige dans son ensemble à un cours-bénéfice de 35 fois les profits (21 fois pour le MSCI Monde Valeur), 7,8 fois la valeur aux livres des actifs (1,5 fois pour le MSCI Monde Valeur) et produit un dividende de 0,8% contre 3,5% pour le MSCI Monde Valeur. À noter que le conglomérat de Berkshire Hathaway dirigé par l’investisseur de style « valeur » Warren Buffet est en baisse de 13,6% depuis le début de l’année comparativement au rendement de +2,4% pour l’indice S&P 500 (en $US).

Cette année, il est considérablement difficile de tenir tête aux indices ou de faire mieux sans détenir les cinq titres listés ci-haut qui composent près de 22% de la capitalisation boursière totale du S&P 500 (Tesla ne fait pas partie de l’indice malgré une capitalisation boursière de 289 milliards) ou d’avoir une forte pondération en technologie. Plusieurs industries importantes de l’économie mondiale demeurent en forte baisse depuis le début de l’année dont l’énergie à -37,6%, les producteurs de commodités à -25,6%, les financières à -20,9%, l’immobilier à -11,4%, les infrastructures à -10,6% et les industrielles à -10,1% (tous en $US). Parmi les 11 secteurs économiques, quatre ont des rendements positifs en $US cette année : télécommunications +4,6% (dominé par Facebook, Alphabet et Netflix), santé + 6,0%, consommation discrétionnaire +8,9% (dominé par Amazon, Home Depot et Tesla) et technologies +20,8% (dominé par Apple et Microsoft).

Les statistiques économiques du 2e trimestre sont sans surprises très difficiles. Contraint, le consommateur américain a réduit ses dépenses de près de 35% lors du 2e trimestre de l’année provoquant une réduction de la croissance économique de près de 33% lors de la même période (statistiques annualisées). Le prix de l’or, en hausse de 29% cette année, n’est pas insensible aux difficultés rencontrées par les autorités américaines à contenir la propagion du coronavirus dans son économie. Il n’est pas insensible non plus aux déficits budgétaires gouvernementaux et les politiques très accommodantes des différentes banques centrales mondiales. Aussi, comme les taux d’intérêt sont si bas, le coût d’opportunité de détenir de l’or (qui ne paie pas d’intérêt) n’est plus matériel. En attendant le vaccin promis, la demande pour cette commodité précieuse s’est accentuée et a atteint un sommet historique à 1,976$ à la fin juillet.

L’indice « de peur » des marchés VIX s’est replié de 20% en juillet, mais se situe tout de même à un niveau relativement élevé de 24,5 (moyenne de 17 depuis les 10 dernières années). L’univers d’obligations canadiennes a produit un rendement de +1,3% pour le mois, celui des obligations corporatives a été légèrement plus élevé à +1,9% alors que les taux d’intérêt se sont légèrement abaissés tout au long de la courbe. L’obligation fédérale de 10 ans offre dorénavant un rendement anémique de +0,48 % au Canada (+0,55 % aux E-U).

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