Revue des marchés mensuelle

Août 2019

Commentaire mensuel


Les marchés ont abordé le mois d’août sur une note fortement négative avant de se redresser légèrement vers la fin du mois. Les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, la situation à Hong Kong et le spectacle politique désolant qui se déroule présentement en Angleterre ont tous contribué à un mois plus agité sur les marchés. Cette nervosité s’est reflétée dans la volatilité du marché où le S&P 500 a notamment connu 11 journées où il a bougé, à la baisse ou à la hausse, de plus de 1 %. Il est bon de se rappeler qu’une telle volatilité n’est pas anormale et s’observe historiquement en moyenne lors d’un mois sur dix. Du côté des résultats mensuels, la Bourse canadienne est la seule qui a réussi à produire un rendement légèrement positif avec +0,4 % (S&P/TSX, en $ CA), alors que le marché américain (S&P 500, $ US), le marché international (MSCI EAFE, $ US) et les pays émergents (MSCI Émergents, $ US) ont déçu avec des performances respectives de -1,6 %, -2,6 % et -4,8 %.

Cette hausse de tension s’est reflétée dans les taux d’intérêt qui ont globalement été poussés à la baisse, en partie en raison d’une anticipation d’intervention de la part des principales banques centrales mondiales. Au Canada, le taux 5 ans a baissé de 0,26 % ce qui a résulté en une performance mensuelle de l’univers obligataire et de l’univers corporatif de +1,9 % et +1,2 %, respectivement. La courbe des taux américains 10 ans et 2 ans s’est même inversée momentanément à la mi-août. Historiquement, une telle inversion a généralement précédé d’environ 1 an le début d’une récession aux États-Unis, quoique l’inversion la plus récente fut de très brève durée. Toutefois, un phénomène inusité se produit présentement au niveau des marchés obligataires mondiaux où, 60 % de toutes les obligations mondiales se transigent à un taux inférieur à 2 %, incluant 25 % se transigeant à des taux négatifs. C’est ce qui se produit quand la totalité de la courbe de taux allemand est négative et que des portions importantes de celles de nombreux autres pays développés le sont aussi (Japon, France, Suède, etc.). Ceci est une conséquence perverse des taux directeurs négatifs que nous observons en Europe et au Japon où, maintenant, le prêteur se retrouve à payer pour prêter de l’argent. Plus près de chez nous, la Banque du Canada a décidé de maintenir inchangé pour son taux directeur au début septembre.

Les différentes craintes liées à la croissance pour les raisons précédemment nommées expliquent en partie la situation inusitée que nous observons au niveau des taux d’intérêt, mais expliquent aussi le différentiel de performance à l’avantage des actions américaines par rapport aux actions internationales, particulièrement en Europe. La structure de l’économie européenne repose sur les exportations qui représentent environ 40 % du PIB de la région contrairement à 10 % pour les États-Unis. Donc, tout ralentissement au niveau du commerce mondial, dont la Chine est un acteur important, a un grand impact sur l’économie européenne, particulièrement sur l’activité manufacturière allemande. Pour l’instant, le secteur des services semble prendre la relève et soutenir la croissance, mais le marché anticipe que la Banque Centrale européenne devra intervenir d’où la pression sur les taux. Une partie de la solution pourrait venir aussi de la part d’une relance fiscale du côté allemand puisque ce gouvernement génère des surplus.

Aux États-Unis, avec quelques mois de retard sur l’Europe, l’indicateur avancé d’activité manufacturière est entré en contraction alors que celui pour les services demeure positif. La Fed a indiqué être vigilante et sent probablement un peu de pression venir de la Maison-Blanche, mais avec un taux de chômage demeurant bas et une croissance des salaires proche de 4 %, le secteur névralgique de la consommation devrait demeurer porteur. À moins que l’effet des tarifs les plus récents imposés par M. Trump ne commence à se faire sentir lors de l’automne, période critique pour les grands détaillants.

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Données économiques canadiennes et américaines

 

Juillet 2019

Commentaire mensuel


En juillet, les indices boursiers d’actions nord-américains ont progressé alors que ceux des indices internationaux et de marchés émergents se sont repliés. Les actions canadiennes ont produit un rendement de +0,3 % (S&P TSX en $ CA), les grandes capitalisations américaines +1,4 % (S&P 500 en $ US), les titres technologiques +2,2 % (NASDAQ en $ US), les actions internationales -1,3 % (MSCI International en $ US) et les actions de pays émergents -1,1 % (MSCI émergent en $ US). Au cours du mois, les indices boursiers américains ont franchi de nouveaux records alors que le S&P 500 a fracassé la barre des 3 000 points et celle de 27 000 points pour le Dow Jones. Le marché des actions mondiales de style croissance a surperformé celui de style valeur par +1,3 % ce qui porte la sous-performance du style de gestion valeur à -9,5 % depuis le début de l’année. Sur le marché des changes, le dollar canadien a perdu -0,5 % contre le dollar américain, mais a gagné +1,8 % contre l’euro. Finalement, pour ce qui est du marché obligataire, les taux d’intérêt se sont légèrement appréciés tout au long de la courbe au Canada tout comme aux États-Unis. L’indice des obligations canadiennes a produit un rendement de +0,2 % et celui des obligations corporatives a produit un rendement de +0,4 %.

Plusieurs dossiers ont attiré l’attention des investisseurs au cours du mois, dont les performances financières des entreprises américaines pour le 2e trimestre de l’année. Alors que ¾ des entreprises du S&P 500 ont rapporté leurs performances, 78 % d’entre elles ont surpris à la hausse pour les prévisions de profits et 60 % ont dépassé les attentes au niveau des ventes. La croissance des profits pour l’ensemble de l’indice a été de +2,0 % par rapport à l’an dernier, pareille date. L’expansion du multiple cours-bénéfice qui se chiffre maintenant à 18,0 fois les bénéfices futurs (15,4 fois en début d’année) demeure la principale explication de la performance du S&P 500 depuis le début de l’année. Les actions internationales (14,1), de pays émergents (12,9) et canadiennes (15,2) sont évaluées à des cours-bénéfices relativement plus attrayants.

Nonobstant, la croissance économique américaine pour le 2e trimestre de l’année a progressé plus rapidement que prévu (+2,1 % versus +1,8 %). Supporté par un solide marché de l’emploi, le consommateur américain qui représente 70 % de l’économie a augmenté ses dépenses de +4,3 % durant le trimestre. L’économie américaine a créé 164 000 nouveaux postes en juillet ce qui a réduit le taux de chômage à 3,7 % et poussé à un niveau très élevé de 135,7 l’indice de confiance du consommateur. Au Canada, la croissance économique à la fin mai était estimée à +1,4 %. Il s’est perdu 24 200 emplois en juillet ce qui a fait augmenter le taux de chômage à 5,7 % (5,5 % en juin).

Quant au dossier impliquant la Réserve fédérale, elle a modifié son taux d’intérêt directeur le 31 juillet. La Fed a réduit ce taux de -0,25 % soit une première réduction en plus de 10 ans (2008). Malgré qu’il n’ait pas été surpris, le marché aurait préféré une baisse de -0,50 % et un commentaire plus accommodant de la part du président de la banque Jerome Powell.

En ce qui a trait à la saga commerciale entre les États-Unis et la Chine, malgré un entretien positif lors du G20, le président Trump a annoncé le 16 juillet que les deux nations étaient encore loin d’une entente et que des tarifs additionnels sur des biens chinois pourraient être mis en application. Cette mise en garde a refroidi l’élan de l’indice S&P 500 qui était jusque-là en hausse de +2,6 % (en $ US) pour le mois.

Le 1er août, Trump a détaillé sa menace tarifaire, il imposera 10 % dès le 1er septembre tout ce qu’il reste comme biens chinois non taxés. Les marchés boursiers n’ont pas apprécié, ce qui a déclenché la baisse que nous observons présentement de -2,3 % (en $ US) en date du vendredi 9 août.

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Juin 2019

Commentaire mensuel


En juin, la majorité des indices boursiers d’actions ont récupéré les pertes du mois de mai. Les actions canadiennes ont généré un rendement de +2,5 % (S&P, TSX en $ CA), les actions américaines de +7,0 % (S&P 500 en $ US), les actions internationales +6,0 % (MSCI International en $ US) et les actions de pays émergents +6,3 % (MSCI émergent en $ US). Les actions mondiales de style croissance (+6,9 % en $ US) ont légèrement surperformées celles de style valeur (+6,3 % en $ US). L’indice de peur VIX qui avait atteint un niveau de 23,4 points en mai s’est apaisé pour clôturer le mois de juin à 15,1 points. Sur le marché des changes, le dollar canadien s’est apprécié par +3,4 % contre le dollar américain et +1,4 % contre l’euro réduisant ainsi les rendements des investisseurs canadiens sur leurs actifs étrangers.

Grâce à la Réserve fédérale et le ministère du commerce chinois, le revirement de direction du marché boursier a pris forme tôt en juin permettant à l’indice S&P 500 de terminer dès la première semaine du mois en hausse de +4,5 % (en $ US). Le 4 juin, le ministère du commerce chinois a publié un communiqué dans le dossier de dispute commerciale avec les Américains. Ce communiqué affirmant que les deux partis tireraient avantage à régler leurs différends par le dialogue, dans le respect et le bénéfice mutuel, fut considéré comme un pas dans la bonne direction pour la résolution de ce conflit. Cette même journée, Jerome Powell, président de la Réserve fédérale, a fait savoir que les gouverneurs de la grande banque américaine surveillaient de près les disputes commerciales entre les États-Unis et ses principaux partenaires et qu’ils étaient prêts à intervenir pour maintenir la croissance économique intacte. Bien que ce message n’ait surpris personne et qu’il ne fut pas directement mention de réduction de taux d’intérêt, il fut, cependant, imagé comme étant un filet de sécurité pour l’économie que le marché a dénommé « Powell Put ».

Après quoi peu de nouvelles avaient la capacité de miner l’euphorie des marchés. La décevante statistique de création d’emplois publiée en juin pour le mois de mai (75 000 nouveaux emplois versus les attentes de 175 000) a même été perçue comme une bonne nouvelle renforçant la probabilité de voir la Réserve fédérale bouger. Cette réaction n’est pas anormale vers la fin d’un cycle économique alors que le marché se meut entre l’état euphorique, le déni et la peur.

Pour ce qui est du marché obligataire, les taux d’intérêt ont reculé tout au long de la courbe aux États-Unis, mais de façon plus prononcée dans les émissions de court et moyens termes. Au Canada, les taux sont demeurés relativement stables, augmentant légèrement dans le court à moyen terme et reculant légèrement dans le long terme. L’indice phare des obligations canadiennes a produit un rendement de +0,9 % tandis que celui des obligations corporatives a produit un rendement de +1,1 %. Toujours au Canada, le taux d’inflation a fait un bond à 2,4 % (2,0 % pour le mois précédent) alors que les taux des obligations 10 ans sont de 1,5 %.

Le prix du pétrole s’est apprécié de +9,3 % en juin alors que deux pétroliers (un japonais et un norvégien) ont été attaqués dans le Détroit d’Ormuz. Blâmé par les Américains, l’Iran menace de bloquer cet accès marin essentiel au commerce du pétrole du Moyen-Orient. L’économie iranienne est en difficulté par suite du retrait des États-Unis de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien. Le dossier est délicat suite aux prétentions américaines que l’Iran aurait abattu un drone-espion américain dans sa zone aérienne.

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Mai 2019

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Parmi les superstitions du milieu financier, il y a l’adage bien connu de « Sell in May and go away » qui peut être traduit par vendre en mai et se reposer pour l’été. Cette année, il aurait été plus avisé de vendre en avril. Comme souligné dans notre lettre du mois dernier, le rendement depuis le début de l’année était particulièrement élevé et le mois de mai a corrigé tout cela. Parmi les principaux indices, le Canada s’en est relativement mieux sorti avec une performance de -3,06% pour le S&P/TSX suivi par le MSCI EAFE qui a fait – 4,66% ($US, pays développés ex-Amérique du Nord). Pour les marchés américains, émergents plus précisément chinois, ce fut plus difficile avec des rendements de -6,35% (S&P 500, US$), -7,23% (MSCI émergents, US$) et -13,05% (MSCI Chine, US$), respectivement. En voyant de tels chiffres, on comprend rapidement que l’incertitude au niveau de l’impact du conflit commercial entre les É.-U. et la Chine a repris le dessus en mai. Il semble qu’il faudra bien s’y habituer pour les mois prochains, si ce n’est pour les années prochaines. Il est bon de se rappeler que depuis l’apparition des premières frictions sur ce front au début 2018, la plupart des marchés n’ont pas retouché les sommets atteints à ce moment-là à l’exception des É.-U.

Cette nervosité s’illustre aussi à travers la pression baissière sur les taux d’intérêt puisque les obligations gouvernementales sont perçues comme des valeurs refuges. L’ensemble de la courbe des taux pour les maturités allant de 1 an à 10 ans était inversé au Canada à la fin mai. En prenant le taux 5 ans comme référence, ce dernier a baissé de -0,18% en mai pour clore le mois à 1,36% ce qui est un niveau inférieur à l’inflation qui est de 1,9%. Ce fort mouvement des taux se reflète dans la performance de l’univers obligataire canadien et l’univers d’obligations corporatives qui ont eu un rendement respectif de 1,69% et 1,31% durant le mois.

Aux É.-U., le renversement de situation pour les taux est particulièrement notable. À 1,91% à la fin mai, le taux 5 ans américain a baissé de -0,37% en 1 mois et -0,83% en 12 mois. Il est actuellement difficile d’évaluer l’impact des diverses mesures tarifaires, et autres, mise en place par les Américains et les Chinois. La théorie économique classique stipule que l’impact des barrières tarifaires est transmis aux consommateurs à travers des augmentations de prix ce qui ultimement vient affecter le niveau de consommation à la baisse. Ces augmentations de prix devraient se refléter dans les mesures d’inflation, mais ce n’est pas le cas pour l’instant. Toutefois, des données économiques plus volatiles comme les indicateurs d’intentions d’achat ou les chiffres de création d’emploi pointent vers une croissance en ralentissement. Le marché obligataire a donc pris position et anticipe clairement un impact négatif sur l’économie qui mènerait à une intervention de la Fed. Le marché anticipe donc que la Fed commencera cet été à baisser son taux directeur de 0,25% entre 2 à 3 fois d’ici la fin 2019 afin de soutenir l’économie. Tout comme la Fed, les Banques centrales chinoise et européenne ont toutes deux indiqué être prêtes à agir.

Il ne faudrait pas passer sous silence qu’à la fin mai les autorités américaines ont aussi indiqué évaluer l’application de mesures anti-monopole pour les grands groupes technologiques (Alphabet, Apple, Amazon, Facebook, etc.). Il est encore trop tôt pour savoir si des actions concrètes seront posées, mais l’effet sur ces titres fut immédiat. Ces derniers ont toutefois démontré par le passé une capacité à rebondir rapidement et à maintenir leur momentum.

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Avril 2019

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En avril, les principaux indices boursiers d’actions ont produit d’excellents résultats. Les actions canadiennes ont généré un rendement de +3,2 % (S&P TSX en $ CA), les actions américaines +4,1 % (S&P 500 en $ US), les actions internationales +2,9 % (MSCI International en $ US) et les actions de pays émergents +2,1 % (MSCI émergent en $ US). Le marché des actions mondiales de style croissance (+4,2 % en $ US) a de nouveau eu le meilleur contre celui des actions de style valeur (+3,0 % en $ US). Pour les commodités, le pétrole a poursuivi sa domination alors que la valeur du baril d’or noir s’est appréciée de 6,3 % en avril portant sa hausse à plus de 50 % depuis son creux du 24 décembre dernier. Sur le marché des changes, le dollar canadien a perdu -0,4 % contre le dollar américain et -0,4 % contre l’euro. Finalement, pour ce qui est du marché obligataire, les taux d’intérêt se sont légèrement appréciés tout au long de la courbe. L’indice phare des obligations canadiennes a produit un rendement de -0,1 % tandis que celui des obligations corporatives a produit un rendement de +0,3 %.

Ce sont les performances financières des entreprises américaines pour le 1er trimestre de l’année qui ont attiré le plus d’attention des marchés. 76 % des entreprises ont surpris à la hausse les prévisions de profits et 55 % ont dépassé les attentes au niveau des ventes. Il faut également souligner la résilience du marché de l’emploi américain, signe avant-coureur des dépenses du consommateur (+ 196 000 emplois en mars et + 263 000 emplois en avril). La croissance économique pour le 1er trimestre de l’année a été annoncée à +3,2 %, battant ainsi les prévisions les plus optimistes. De plus, l’apport de statistiques économiques chinoises encourageantes (+8,5 % de production industrielle et +6,4 % de croissance économique) et la croissance économique en zone euro modeste (+0,4 %), mais supérieure aux prévisions (+0,3 %) ont également contribué à poursuivre la forte tendance haussière des quatre premiers mois de l’année. Il n’en fallait pas plus pour faire croître le niveau de l’indice S&P 500 à un prix de fermeture record de 2 945 points après seulement le tiers de l’année d’écoulée (+18 % année à date). Rappelons-nous qu’à la fin de l’année dernière, les prévisions de rendement annuelle pour cet indice (+16 %) semblaient plutôt optimistes.

Cependant, si nous grattons un peu sous la surface, le consensus demeure que l’économie mondiale est en décélération. Il n’y a toujours pas d’entente commerciale entre la Chine et les É-U. et le Brexit ne cesse d’être repoussé à plus tard. De plus, la performance du S&P 500 depuis le début de l’année est principalement tributaire de l’expansion du multiple cours-bénéfice qui se chiffre maintenant à 17,7 fois les bénéfices futurs (15,4 fois en début d’année). Tel que mentionné précédemment, malgré des profits meilleurs qu’anticipés, leurs croissances furent faibles lors du trimestre (+2 %). Aussi, la décomposition de la croissance économique américaine (+3,2 %) montre que certains des éléments qui y ont contribué pourront difficilement se répéter au prochain trimestre. L’augmentation des inventaires (+0,7 %) et l’amélioration du déficit commercial (+1,0 %) sont des composantes particulièrement volatiles qui tendent à se renverser rapidement. Sans oublier que l’apport du consommateur (+1,2 %) qui est la composante la plus importante de la croissance économique a été très timide.

Somme toute, les rendements boursiers cumulés cette année sont certainement agréables, mais la déroute de fin d’année dernière nous rappelle que la tendance peut changer de direction abruptement, signe possible d’une volatilité de fin de cycle économique.

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Mars 2019

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En mars, les marchés boursiers ont poursuivi la tendance haussière entamée en début d’année. Ce sont les actions américaines qui ont mené le groupe avec un rendement de +1,9 % (S&P 500 en $US), suivi par les actions canadiennes à +1,0 % (S&P TSX en $C), les actions de pays émergents à +0,9 % (MSCI Émergent en $US) et les actions internationales à +0,7 % (MSCI EAFE en $US). Comme le dollar américain s’est apprécié de +1,5 % contre le dollar canadien, le rendement des actions étrangères en $ US doit être haussé par autant lorsque converti en dollars canadiens.

Encore une fois, les actions de style croissance ont surperformé celles de style valeur. Cette tendance qui a débuté en janvier 2007 a pris de la vitesse au cours des dernières années. L’indice MSCI Monde Croissance dont les cinq plus importantes positions sont Apple, Microsoft, Amazon, Facebook et Alphabet a produit un rendement de +2,5 % pour le mois (+6,3 % pour ces cinq positions). L’indice MSCI Monde Valeur dont les cinq plus importantes positions sont Johnson & Johnson, Exxon Mobil, JP Morgan, Procter & Gamble et Bank of America a quant à lui produit un rendement de +0,3 % (+0,4 % pour ces cinq positions). Au cours des deux dernières années, l’écart de performance est important, le style croissance domine celui valeur par 6,8 % annuellement. Cet écart de performance est de 3,0 % annuellement depuis 2007. Cette préférence des marchés pour les titres croissance explique en grande partie les difficultés de plusieurs gestionnaires de portefeuille préconisant un style valeur.

Préoccupées par les tensions commerciales et géopolitiques en cours les banques centrales surveillent leurs économies de près. Aux États-Unis, la Réserve fédérale américaine a réduit son estimation de croissance économique pour l’année à 2,1 % (2,3 % estimé précédent). Elle ne prévoit aucune hausse de son taux directeur en 2019. La Chine a fixé son objectif de croissance pour l’année entre 6,0 et 6,5 % (6,6 % l’an passé), ce qui s’avèrerait son plus faible taux de croissance depuis 1990. Pour l’Union européenne, la croissance économique a été révisée à +1,1 % pour l’année (+1,7 % estimé précédent). L’Allemagne a évité de justesse une récession technique au 4e trimestre de l’an passé, sa vulnérabilité au ralentissement économique mondial s’est d’ailleurs reflétée dans le prix de son obligation 10 ans qui se négociait au rendement annualisé anticipé de -0,07 % à la fin du mois de mars.

Le marché des actions est plutôt optimiste qu’une entente commerciale favorable entre les États-Unis et la Chine arrivera sous peu. Cela ne semble pas le cas pour le marché obligataire, alors que les taux d’intérêt se sont fortement repliés. La courbe de taux d’intérêt aux États-Unis s’est inversée le 22 mars pour les échéances trois mois et dix ans (le taux trois mois, +2,46 %, rapportant plus que le taux dix ans, +2,44 %). L’inversion de la courbe est un signal classique qu’une récession approche et que les investisseurs préfèrent détenir des obligations long terme pour se protéger. Par ricochet, les taux se sont repliés d’autant au Canada et le rendement de l’indice phare d’obligations canadiennes s’est élevé à +2,4 % en mars.

Sur une note plus positive, il s’est créé 196 000 nouveaux emplois au pays de l’oncle Sam en mars réduisant le taux de chômage à 3,8 %. Cette statistique est bienvenue étant donné qu’en février il ne s’était créé que 20 000 nouveaux emplois. Aussi, la conclusion du rapport d’enquête Mueller n’aura rien révélé pouvant perturber les marchés boursiers.

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Février 2019

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Le rebond amorcé à la fin décembre 2018 s’est poursuivi en février sur les principales places boursières. Le rythme d’appréciation fut généralement moins impressionnant qu’en janvier, mais les marchés ont tout de même connu un fort mois. En effet, ce fut un tir groupé pour les pays développés avec le S&P 500 américain finissant février en hausse de 3,2% ($US), suivi du S&P/TSX canadien à 3,1% et du MSCI EAFE avec 2,6% ($US, pays développés ex-Amérique du Nord). La performance pour les marchés émergents fut plus modeste avec l’indice MSCI pour cette région enregistrant un léger gain de 0,2% ($US). La faible performance de l’indice des pays émergents peut paraître surprenante à première vue lorsqu’on sait que l’indice boursier chinois CSI 300 a connu une hausse de 14,6% (CNY) en février. Cette disparité s’explique simplement en raison de l’accès restreint au marché local chinois pour les investisseurs étrangers. Le marché local chinois ne représente donc en ce moment qu’une fraction minime de l’indice des pays émergents. Au niveau sectoriel, les secteurs technologique et industriel furent les principaux contributeurs avec une performance respective de 6,0% ($US) et 4,5% ($US) dans l’indice global MSCI ACWI.

Du côté des marchés obligataires canadiens, le mois fut calme alors que les taux canadiens ont connu une légère hausse de 0,04% pour les taux 5 ans et que les écarts de crédit sont restés essentiellement inchangés. Conséquemment, l’univers enregistra une performance modeste de 0,2% tandis que l’univers corporatif fit légèrement mieux avec 0,3%. Jusqu’à récemment, la Banque centrale européenne (BCE) était la dernière grande banque centrale qui n’avait pas explicitement adouci son message et annoncé des mesures de support. Comme anticipé et avec son délai habituel, c’est maintenant chose faite. De son côté, la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 1,75% lors de son annonce du début mars en raison de la difficulté d’entrevoir avec clarté la direction de l’économie canadienne. Ce dernier point est valide pour la plupart des grandes économies avancées pour lesquelles il est laborieux de se faire une idée arrêtée sur la situation actuellement. Bien que l’activité manufacturière connaisse généralement une croissance plus modérée ou même légèrement négative, les secteurs économiques liés aux services demeurent soutenus par l’emploi et la consommation. Cette divergence s’observe à travers les indicateurs d’achat manufacturier en Europe (49.5, en contraction) et ceux pour les services (52.5, en expansion) qui pointent dans des directions différentes. Cet écart s’observe à divers degrés globalement.

La performance du CSI 300 mentionnée précédemment illustre d’une belle façon à quel point les marchés financiers fonctionnent par anticipation. Par exemple, les exportations qui chutent de -20% à -9% en Chine, Corée du Sud, au Japon et à Taiwan par rapport à la même période l’année dernière, peuvent être perçues comme des signes de ralentissement économique et devrait se refléter négativement sur les marchés. À l’inverse, l’annonce de mesures de soutien comme souligné ci-haut combiné à l’espoir d’un accord commercial entre la Chine et les É.-U. permet aux marchés d’envisager que les difficultés ne sont que passagères.

À la fin février, le scénario plus positif semblait prévaloir, et ce, en grande partie à cause de l’impact réel ou perçu que peut avoir le support des différentes grandes banques centrales. Toutefois, avec le printemps qui pointe son nez, il pourrait suffire d’un simple gazouillis de M. Trump pour faire changer le vent de direction…

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Janvier 2019

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Les marchés ont commencé 2019 d’une manière bien différente qu’ils ont fini 2018. À titre d’exemple, après avoir connu son pire mois de décembre depuis 1931, l’indice américain du S&P 500 a rebondi de + 8,0 % ($ US) en janvier pour débuter l’année de façon spectaculaire et ainsi connaître son meilleur mois de janvier depuis 1987. Ce renversement illustre bien deux caractéristiques des marchés. Premièrement, le changement de sentiment des investisseurs peut être brusque et drastique lorsque la nervosité s’installe. Deuxièmement, prévoir la direction des marchés à court terme reste un exercice hasardeux rarement couronné de succès. C’est dans ces moments où il devient important de garder en tête sa répartition cible à long terme et, si nécessaire, de faire les changements tactiques d’une façon graduelle et méthodique.

Le fort rebond précédemment illustré par le marché américain a été généralisé en janvier. Parmi les principaux marchés, le MSCI Émergent a terminé en hausse de 8,8% ($ US) suivi par le S&P/TSX et le MSCI EAFE (pays développés ex-Amérique du Nord) qui ont respectivement connu des hausses de 8,7% ($ CA) et 6,6% ($ US). La meilleure performance a toutefois été enregistrée par les actions de petites capitalisations américaines représentées par l’indice Russell 2000 avec un rebond de 11,25% ($ US). Néanmoins, les marchés demeurent encore sous leurs différents sommets atteints en 2018. Du côté des marchés obligataires canadiens, la performance fut plus modeste, mais appréciable pour cette classe d’actifs. L’indice de l’univers obligataire a clôturé en hausse de 1,3% tandis que le sous-indice des obligations corporatives s’est apprécié de 1,7%.

Que s’est-il passé pour qu’un tel renversement se produise? Fondamentalement, peu de choses ont changé en deux mois. Les indicateurs économiques avancés comme les sondages manufacturiers et le niveau des exportations de certains pays asiatiques et de l’Allemagne pointent depuis le milieu du 4e trimestre 2018 vers une économie mondiale toujours en croissance, mais en décélération. Ce ralentissement se reflète aussi dans les annonces de compagnies internationales comme Apple ou les principaux manufacturiers automobiles qui prévoient des revenus en décroissance, principalement, en raison d’un ralentissement en Chine. Néanmoins, les chiffres d’emploi demeurent robustes, surtout aux États-Unis, et les résultats des compagnies dévoilées à ce jour sont globalement en ligne avec les attentes.

Ce qui a toutefois changé est le message provenant de certains acteurs. Comme mentionné dans notre lettre de décembre, une partie de la chute au 4e trimestre 2018 provenait de la perception que la Fed serait trop restrictive avec ses hausses de taux en 2019 et viendrait freiner l’expansion américaine. À travers ses déclarations de l’automne dernier, le président de la Fed, M. Powell, semblait déterminé à mener à bien ce programme. En janvier, M. Powell a fortement adouci son message en indiquant que la Fed serait patiente avec les futures hausses de taux. En Chine, le gouvernement et la banque centrale ont annoncé des mesures supplémentaires de relance indirecte en injectant des liquidités dans le système bancaire afin de favoriser les prêts aux entreprises. Du côté de l’Allemagne, le gouvernement a annoncé différentes mesures pour soutenir la R&D ainsi que l’investissement des entreprises tout en laissant présager qu’un plan d’infrastructure suivrait au printemps. Toutes ces annonces ont contribué au rebond des marchés et ont soutenu les marchés obligataires en faisant légèrement reculer les courbes de taux, - 0,1% pour les taux 5 ans Canada, et en poussant à la baisse les écarts de crédit.

Le marché anticipe donc dorénavant pour 2019 un certain support à travers les différentes mesures annoncées. Il est possible que cela porte fruit, un peu comme en 2014 et 2015 et prolonge l’expansion. Toutefois, des enjeux structurels, comme le fort endettement, ou encore les différents risques géopolitiques (É-U vs Chine, Brexit, risque d’un autre shutdown aux É-U) pourraient amenuiser la portée de ces mesures. La prudence demeure de mise.

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Décembre 2018

Commentaire mensuel


Quelle mauvaise performance boursière pour clore l’année 2018! Le S&P/TSX a perdu -5,4 % pour le mois ($ CAD), le S&P 500 -9,0 % ($ US), le Nasdaq -9,4 % ($ US), le MSCI EAFE -4,8 % ($ US) et le MSCI Émergent -2,6 % ($ US). L’indice de peur VIX s’est fait menaçant tout au long du mois, se transigeant en moyenne à 25 points, soit son pire mois depuis décembre 2011. La dépréciation du dollar canadien contre la devise américaine (-2,5 %) et l’Euro (-3,5 %) aura été insuffisante pour compenser matériellement ces pertes boursières. De toute évidence, le marché des actions était en mode « risk off » et les investisseurs se sont réfugiés dans les titres obligataires. Au Canada, les taux d’intérêt se sont repliés tout au long de la courbe et l’univers obligataire a produit un rendement de +1,4 % ($ CAD), +1,1 % pour l’univers corporatif où les écarts de crédits se sont élargis.

Pour l’indice Dow Jones, 11 des 19 journées de bourses en décembre furent négatives. La pire de ces journées est survenue tôt dans le mois, le 4 décembre, alors que l’indice a perdu 799 points (-3,1 % $ US). Cette perte fut en grande partie tributaire à la confusion provoquée par l’administration Trump à propos des récents progrès des négociations commerciales avec la Chine. Ce matin-là, la Maison-Blanche a publié un communiqué précisant que la trêve de 90 jours des hausses des tarifs avec la Chine avait commencé le 1er décembre et non le 1er janvier (à la surprise des marchés). Plusieurs événements auront tour à tour miné les marchés dont l’arrestation de la CFO du groupe technologique chinois Huawei au Canada sur demande des États-Unis, statistique décevante de la création d’emplois aux É-U. (pour le mois de novembre), craintes renouvelées d’un ralentissement de l’économie mondiale, augmentation par la Fed de son taux directeur laissant entrevoir une continuation de sa normalisation des taux plus agressive que ce que le marché anticipait ou encore l’arrêt des activités gouvernementales aux É-U.

Somme toute, les performances boursières en 2018 auront été très décevantes. Pour l’année : -8,9 % pour le S&P TSX $ CAD / -4,4 % pour le S&P 500 $ US