Revue des marchés mensuelle

Novembre 2020

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En novembre, tous les indices boursiers d’actions ont produit des résultats exceptionnels. Les actions canadiennes ont généré un rendement de 10,6 % (S&P, TSX en $ CA), les actions américaines de 10,9 % (S&P 500 en $ US), les actions internationales 15,5 % (MSCI International en $ US) et les actions de pays émergents 9,3 % (MSCI émergent en $ US). Les actions mondiales de style valeur (15,1 % en $ US) ont surperformé celles de style croissance (10,9 % en $ US). Les titres canadiens du secteur de l’énergie ont rebondi de 19,5% et les financières de 16,4%. Sur le marché des changes, le dollar canadien a gagné 2,5 % contre le dollar américain et 0,2 % contre l’euro. Pour ce qui est du marché obligataire, les écarts de crédit se sont rétrécis et l’univers des obligations corporatives a produit un rendement de 1,7 % tandis que celui de tout l’univers a produit un rendement de 1,0 %.

La victoire du démocrate Joseph Robinette Biden Jr aux élections présidentielles américaines aura soufflé le premier de deux élans boursiers majeurs durant le mois. Misant sur la décence, l’unité et la guérison nationale, cet avocat au long parcours politique aura gagné son pari et deviendra le 46e président des États-Unis. Bien que cet évènement tant attendu ait occupé la presque totalité de l’attention médiatique financière durant le mois, les annonces successives de trois vaccins efficaces à la lutte contre le coronavirus ont propulsé le second élan boursier et non le moindre.

Les titres les plus affectés lors de la débâcle boursière des mois de février et mars 2020, soient les compagnies aériennes, les compagnies de croisières, les banques et autres titres cycliques ont explosé dès l’annonce des résultats du vaccin de Pfizer (le premier à annoncer). Ce rebond des titres de style « valeur » était très attendu, l’écart de rendement avec les titres de style « croissance » avait atteint un sommet sans précédent, soit supérieur à celui causé par la bulle technologique lors de la fin des années 1990. L’avenir nous dira si cette divergence de rendements entre ces styles en est à son dernier souffle.

Toutefois, il se brosse certains signes avant-coureurs du commencement d’un nouveau cycle économique. Notamment, l’affaiblissement du dollar américain et le fort rebond des titres de petites capitalisations. Lors de 9 des 10 récessions d'après-guerre aux États-Unis, les titres de petites capitalisations américains ont surperformé les titres de grandes capitalisations durant la reprise par une marge moyenne de 11%. De plus, pour les actions mondiales de grandes capitalisations, les secteurs cycliques et le style « valeur » ont surperformé au moment de la reprise lors des deux dernières récessions (bulle techno et 2008).

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Octobre 2020

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Comment pouvons-nous parler du mois d’octobre 2020 sans mentionner les élections américaines? Il fut un temps où la politique monétaire était le point central pour décortiquer la performance des marchés. La politique prend maintenant l’avant-plan.

L’augmentation des cas de Covid-19 depuis la rentrée scolaire et la nonchalance du Gouvernement Trump pour contrôler cette augmentation a amené une deuxième vague qui dépasse le nombre de cas quotidien atteint lors de la première vague. Les marchés financiers ont craint, et ce depuis septembre, mais accentué à la fin octobre, la réimposition des mesures de restriction sanitaire et de ses conséquences maintenant bien connues sur l’économie. Vers la fin d’octobre, il était de plus en plus évident que, si près d’une élection si chaudement disputée, aucun parti (républicain et démocrate) n’était pour faire de concessions quant au plan d’aide à la relance économique pour soutenir les travailleurs affectés par la récession. Les marchés ont donné leur point de vue et mis à part le marché des pays émergents, les marchés développés de grande capitalisation ont terminé à la baisse entre 2,7 et 4,5% $US. Encore ce mois-ci, le marché canadien est à la baisse de 3,1% pour un rendement année à date de -6,1%. Disons que le prix du pétrole en chute de 11% en octobre et de 41% pour l’année n’aide en rien.

Malgré deux mois consécutifs de baisse pour le marché d’actions américaines, on ne peut toujours pas conclure que celui-ci est maintenant à un prix plus raisonnable. Selon Ned Davis Research, le S&P 500 (actions américaines) se transige à un multiple de 2,5x les ventes, ce qui serait selon eux un niveau jamais atteint depuis 1955 et aussi que la capitalisation totale du S&P 500 atteint 1,78x le PIB américain, soit son niveau le plus élevé depuis 1925. Il ne serait pas surprenant que le marché américain soit à un moment donné celui qui performera le moins bien par rapport aux autres marchés d’importance sur la planète. Est-ce que ce sera lorsque les titres technologiques (principalement concentrés aux É.-U.) auront corrigé de leur valorisation stratosphérique? Poser la question est y répondre.

Au niveau économique, le PIB américain a tout de même augmenté de 33,1% sur une base annualisée, ce qui s’avère le meilleur trimestre jamais enregistré, mais il suivait une déconfiture de 32,9% le trimestre précédent. Quelques fois, il est plus représentatif de comparer les données d’un trimestre à l’autre que de comparer des chiffres sur une base annuelle (ce qui est généralement le consensus pour refléter les variations du PIB d’un pays). Si on compare d’un trimestre à l’autre, le trimestre Q3 américain a augmenté de 8,91% par rapport à Q2, tandis que Q2 avait baissé de 9,59% par rapport à Q1, et le premier trimestre était négatif de 1,76%. Cela fait beaucoup de données, nous en convenons, mais en 2020, les données sont tellement extrêmes que cela devient plus difficile de les mettre en perspective et nous devons parfois montrer les résultats sous un angle différent.

La création d’emplois est une autre donnée d’importance du point de vue économique. Aux E-U en octobre, 638 000 nouveaux emplois ont été créés abaissant ainsi le taux de chômage à 6,9%. Ce qui représente une diminution de 1% par rapport au mois précédent, mais qui est une réduction du taux de chômage plus lente que lors des derniers mois. N’oublions pas qu’il a atteint un record d’après-guerre de 14,7% en avril 2020.

Nous ne pouvons passer sous silence un début de mois de novembre boursier fulgurant en réponse à la conclusion des élections américaines, mais surtout à l’annonce de la venue d’un vaccin prometteur par Pfizer. Cependant, nous avons assez d’expérience pour apprécier la hausse boursière sans toutefois nous emballer trop rapidement.

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Septembre 2020

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Le retour des étudiants à l’école combiné aux températures plus froides d’automne fait craindre le développement d’une 2e vague de Covid-19 et la possibilité reconfinement de l’économie. Ainsi, le mois de septembre alimenté d’incertitude entraina à la baisse la majorité des marchés boursiers d’actions; -2,1% au Canada (S&P/TSX, $C), -3,8% pour les grandes capitalisations américaines (S&P 500, US$). À l’international, le MSCI EAFE a reculé de 2,6% (US$), les marchés émergents ont fait légèrement mieux (-1,6%, MSCI EM, US$) que les marchés développés (-3,4%, MSCI Monde, US$). Le dollar américain, monnaie de refuge en temps d’incertitude, s’est apprécié de 2,3% contre le dollar canadien améliorant ainsi le rendement pour un investisseur canadien. Quant au revenu fixe, l’univers obligataire canadien a timidement progressé de +0,32% à la suite de faibles baisses des taux. L’univers obligataire gouvernemental (+0,43%) s’est légèrement démarqué par rapport à l’univers corporatif (+0,01%).

Pour une rare fois, les grandes compagnies « technologiques » ont été plus malmenées que les indices boursiers traditionnels. Par exemple, en US$, Tesla -13,9%, Facebook -10,7%, Apple -10,3%, Alphabet [Google] -10,1% Amazon -8,8%, Microsoft -6,7% et Netflix -5,6%, tous des composantes importantes de l’indice NASDAQ 100 entrainèrent le rendement de cet indice vers le bas à -5,7%. Cela a mis un terme à onze mois consécutifs de surperformance du NASDAQ 100 contre le MSCI Monde équipondéré (-2,4%). Séquence où l’indice technologique a surperformé par plus de 50%. De plus, septembre fut le premier mois en 2020 où les indices américains de style valeur ont surperformés ceux de style croissance. Les marchés surveillent avec attention la course au vaccin, de bonnes nouvelles pourraient enclencher une grande rotation en faveur des secteurs qui ont été malmenés depuis le début de la pandémie.

La création d’emploi aux É.-U. (661 000) s’est dévoilée en dessous des attentes (850 000) et parait s’essouffler comparativement aux 1,4 million de postes créés en août, un stimulus supplémentaire provenant de l’état semble nécessaire. Tout de même, le taux de chômage se voit diminué à 7,9%, niveau possiblement illusoire comme plusieurs chômeurs ont cessé leur recherche d’emploi. En septembre seulement, ils sont 700 000 à avoir abandonné la recherche de travail.

Le dernier droit de la campagne présidentielle s’amorce aux États-Unis. Historiquement, le président sortant n’a été que rarement défait lors d’une campagne de réélection. Toutefois, différentes analyses publiées par Deutsche Bank démontrent qu’un marché de l’emploi qui s’est détérioré dans les 3 trimestres avant l’élection comme c’est le cas actuellement tend à favoriser le candidat du parti qui n’est pas au pouvoir, le démocrate Joe Biden dans ce cas-ci. Cette lecture est confirmée pour l’instant par les différents sondages nationaux. Néanmoins, le résultat final sera fortement influencé par le 40% d’Américains ne s’identifiant pas à l’un ou l’autre des parties. Combien d’entre eux iront voter et comment voteront-ils influencera le résultat dans les états clés qui feront pencher la balance en faveur de l’un des candidats. Il faut noter qu’une majorité de ces électeurs indépendants, environ 60%, sont insatisfaits de la gestion de la pandémie par M. Trump. Toutefois, outre la volatilité plus élevée généralement observée sur les marchés avant les élections, les impacts à plus long terme sur les marchés sont difficiles à évaluer. Historiquement, lorsqu’un candidat démocrate bat un président républicain, les performances boursières lors de l’année électorale sont en moyenne négative (-4,8%, MSCI Monde US$), mais deviennent fortement positives (+28,6%, MSCI Monde US$) durant l’année d’inauguration, une moyenne toutefois établie sur peu d’occasions (5).

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Août 2020

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Au mois d’août, les marchés étaient de nouveau à la hausse alors que la performance année à date des actions mondiales (MSCI Monde) est de retour du côté positif (+5,7% en $US) à la suite d’une performance de +6,7% (en $US) lors du mois. La situation fut tout aussi positive aux États-Unis (+7,2%, S&P 500 en $US) et à l’international (MSCI EAFE en $US, +5,2%). La hausse du marché américain représente d’ailleurs la meilleure performance enregistrée durant un mois d’août en 30 ans lors d’une période qui normalement est plus calme pour les marchés. Le rendement du MSCI Pays émergents et du S&P/TSX canadien furent plus modestes, mais tout de même appréciable avec +2,2% (en $US) et +2,3%, respectivement. En raison de l’appréciation importante du dollar canadien, il faut cependant retrancher -2,7% aux performances en devise américaine.

Encore une fois, les principaux titres technologiques et le style croissance ont mené la charge avec une certaine exubérance. L’exemple parfait est la performance de Tesla durant le mois. Après avoir annoncé le 11 août un fractionnement d’action 5 pour 1, le titre s’est envolé de prêt de +71% jusqu’à la fin du mois. Toutes sortes de raisons ont été avancées pour expliquer ce mouvement, mais un fractionnement d’action ne change en rien la valeur totale d’une compagnie. On divise simplement celle-ci en un plus grand nombre de parts. On peut admirer M. Musk et trouver que les voitures de Tesla révolutionnent l’industrie, mais nous sommes tout de même dubitatifs devant ce qui s’est produit. Tesla illustre aussi le risque posé par des mouvements extrêmes qui peuvent se renverser brusquement. Au début septembre, le titre a plongé de 33% en 5 jours avant de se replacer légèrement.

De leur côté, l’univers obligataire canadien a reculé de -1,1% alors que son segment corporatif de qualité investissement (BBB et +) a légèrement mieux fait, mais recule tout de même de -0,5%. Une hausse des taux 10 ans de +0,18% a contribué à cette sous-performance. Les écarts de crédit étant une mesure de l’appétit pour le risque des investisseurs, il est intéressant de noter à quel point ces derniers se sont resserrés depuis le sommet de la mi-mars particulièrement pour le segment des obligations corporatives de qualité. Tant au Canada qu’aux États-Unis, les écarts sur ces obligations tournent maintenant autour de 1,3% par rapport aux sommets en mars de 2,7% et 3,8%, respectivement. Notez que les titres obligataires spéculatifs ont atteint des écarts encore plus élevés durant cette période. Le retour vers des écarts qui sont en ligne avec les moyennes historiques à long terme alors que nous sommes toujours dans un environnement incertain démontre la force de persuasion de l’intervention des Banques Centrales.

La reprise économique continue avec les indices d’achat avancés qui sont en territoire d’expansion pour les grands blocs économiques (États-Unis, Europe, Chine) et le Canada ce qui est en soit une bonne nouvelle, mais n’indique pas l’ampleur du rattrapage à faire. Bien que le taux de chômage ait redescendu à 10.2% et 8.4% au Canada et aux États-Unis, le nombre d’emplois perdus restant a récupéré reste élevé (1.1M au Canada et 11.9M aux É.-U.). L’impact durable de la crise actuelle qui dictera en partie la force de la reprise réside dans la proportion des emplois à récupérer qui se transformeront en pertes permanentes. Un article du Washington Post citant une étude du Labor Department américain anticipe qu’entre 2.5 et 5 millions de ces pertes d’emploi depuis la fin février deviendront permanentes. L’extension des mesures fiscales temporaires chez nos voisins du sud pourrait aider à contrer cet impact, mais les négociations sont pratiquement au point mort avec le début d’une campagne électorale présidentielle qui s’annonce des plus acrimonieuse.

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Juillet 2020

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Les marchés ont poursuivi leur remontée en juillet alors que l’indice boursier d’actions mondiales a progressé de 4,8% durant le mois (-0,9% pour l’année en $US). Toutefois, cette remontée boursière s’avère inéquitable alors qu’une minorité de titres à grande capitalisation, résistants à l’économie de pandémie, améliorent les rendements des indices globaux de marché. Parallèlement, le cours de l’or poursuit sa trajectoire haussière soutenue, entre autres, pour sa valeur refuge, par la diminution de la demande pour le billet vert et par des taux d’intérêt anémiques.

Chef de file incontesté cette année, l’indice boursier des « technologies » Nasdaq 100 a produit un rendement de +7,4% en juillet et +25,6% depuis le début de l’année (en $US). Cet indice dont les six plus grandes positions représentent 49% de son poids, sont dans l’ordre Apple, Amazon, Microsoft, Facebook, Alphabet (Google) et Tesla. À l’opposé se trouve le sous-indice boursier MSCI Monde « Valeur » dont les 6 plus grandes positions sont Johnson & Johnson, Procter & Gamble, JP Morgan, Home Depot, Berkshire Hathaway et Verizon. Son rendement fut de +2,6% en juillet et -15,3% depuis le début de l’année (en $US). L’écart de rendement entre ces deux groupes de titres est remarquable et atteint plus de 40% depuis le début de l’année. À titre de comparaison, le Nasdaq 100 se transige dans son ensemble à un cours-bénéfice de 35 fois les profits (21 fois pour le MSCI Monde Valeur), 7,8 fois la valeur aux livres des actifs (1,5 fois pour le MSCI Monde Valeur) et produit un dividende de 0,8% contre 3,5% pour le MSCI Monde Valeur. À noter que le conglomérat de Berkshire Hathaway dirigé par l’investisseur de style « valeur » Warren Buffet est en baisse de 13,6% depuis le début de l’année comparativement au rendement de +2,4% pour l’indice S&P 500 (en $US).

Cette année, il est considérablement difficile de tenir tête aux indices ou de faire mieux sans détenir les cinq titres listés ci-haut qui composent près de 22% de la capitalisation boursière totale du S&P 500 (Tesla ne fait pas partie de l’indice malgré une capitalisation boursière de 289 milliards) ou d’avoir une forte pondération en technologie. Plusieurs industries importantes de l’économie mondiale demeurent en forte baisse depuis le début de l’année dont l’énergie à -37,6%, les producteurs de commodités à -25,6%, les financières à -20,9%, l’immobilier à -11,4%, les infrastructures à -10,6% et les industrielles à -10,1% (tous en $US). Parmi les 11 secteurs économiques, quatre ont des rendements positifs en $US cette année : télécommunications +4,6% (dominé par Facebook, Alphabet et Netflix), santé + 6,0%, consommation discrétionnaire +8,9% (dominé par Amazon, Home Depot et Tesla) et technologies +20,8% (dominé par Apple et Microsoft).

Les statistiques économiques du 2e trimestre sont sans surprises très difficiles. Contraint, le consommateur américain a réduit ses dépenses de près de 35% lors du 2e trimestre de l’année provoquant une réduction de la croissance économique de près de 33% lors de la même période (statistiques annualisées). Le prix de l’or, en hausse de 29% cette année, n’est pas insensible aux difficultés rencontrées par les autorités américaines à contenir la propagion du coronavirus dans son économie. Il n’est pas insensible non plus aux déficits budgétaires gouvernementaux et les politiques très accommodantes des différentes banques centrales mondiales. Aussi, comme les taux d’intérêt sont si bas, le coût d’opportunité de détenir de l’or (qui ne paie pas d’intérêt) n’est plus matériel. En attendant le vaccin promis, la demande pour cette commodité précieuse s’est accentuée et a atteint un sommet historique à 1,976$ à la fin juillet.

L’indice « de peur » des marchés VIX s’est replié de 20% en juillet, mais se situe tout de même à un niveau relativement élevé de 24,5 (moyenne de 17 depuis les 10 dernières années). L’univers d’obligations canadiennes a produit un rendement de +1,3% pour le mois, celui des obligations corporatives a été légèrement plus élevé à +1,9% alors que les taux d’intérêt se sont légèrement abaissés tout au long de la courbe. L’obligation fédérale de 10 ans offre dorénavant un rendement anémique de +0,48 % au Canada (+0,55 % aux E-U).

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Juin 2020

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Avec l’été qui est bien installé, la première moitié de 2020 qui fut fort plus mouvementée que ce que beaucoup d’investisseurs anticipaient est maintenant terminée. Les performances année à date des principales Bourses demeurent négatives après les deux premiers trimestres allant de -3,1% pour le S&P 500 américain ($US) jusqu’à -11,1% pour les actions internationales (MSCI EAFE, $US), malgré le fort rebond observé au 2e trimestre. En juin, les différents marchés ont poursuivi leur redressement amorcé à la fin mars avec en tête les pays émergents qui ont enregistré des gains de 7,4% (MSCI EM, US$) suivi par les actions internationales avec 3,4% (US$). Les rendements du S&P/TSX canadien et du marché américain furent plus modeste, mais tout de même appréciables avec respectivement 2,5% et 2,0% ($US). Il faut toutefois retrancher -1,15% des rendements mensuels en devise américaine en raison de l’appréciation du dollar canadien au cours du mois.

Toutefois, l’évolution des différents marchés en juin illustre une dynamique avec laquelle il faudra probablement composer tant que la situation demeurera incertaine avec des nombreux renversements. En début de mois, les marchés ont été encouragés par une anticipation de reprises plus rapides découlant de la réouverture partielle de l’économie. Les chiffres de création d’emploi ont effectivement rebondi rapidement en juin, +953 000 au Canada et 4.8M aux États-Unis (É-U). Durant cette période, les titres valeurs prépondérants dans les secteurs cycliques ont été favorisés avant de retomber à partir de la mi-juin dès que l’évolution de la pandémie s’est mise à peser sur les marchés avec la détérioration de la situation dans les états du sud des É-U et dans certains pays d’Amérique Latine. Le leadership du marché est alors retourné vers les titres technologiques dits de qualité qui ont mené le rebond du printemps et continuent de voir leurs valorisations augmentées.

Les créations d’emploi mentionnées ci-dessus ont entrainé les taux de chômage en baisse de 0,3% et 2,6% au Canada et aux É-U respectivement. Toutefois, les niveaux de 12,9% au Canada et 11,1% aux É-U à la fin juin demeurent encore bien loin des niveaux de décembre 2019 qui étaient de 5,6% et 3,5% respectivement dans les deux pays. En Europe, l’augmentation du taux de chômage atteint des niveaux qui n’ont pas été vus depuis la mi-2015 (6,4% en Allemagne), mais la hausse demeure moins drastique pour différentes raisons structurelles. Dans nos discussions avec différents gestionnaires dans les derniers mois, notamment ceux se spécialisant auprès de compagnies en détresse, plusieurs s’attendent à un automne difficile pour de nombreuses compagnies alors que les mesures de support viendront à terme, selon ce qui a été annoncé jusqu’ici. Nous discutons avec plusieurs de ces gestionnaires afin d’évaluer les opportunités d’investissement dans ces stratégies si la situation venait à se détériorer.

Les taux 10 ans au Canada sont demeurés pratiquement inchangés à 0,54% en juin. Le rendement tout de même vigoureux de 1,7% de l’univers obligataire canadien s’explique par une baisse de 0,11% des taux à long terme (20 ans et 30 ans) et par la compression des écarts de crédit sur les obligations corporatives de 0,3%. À des niveaux de taux dépréciés, de petites variations ont un impact notable sur la performance. Des taux d’intérêt à de tels niveaux amèneront leurs lots de défis à l’avenir puisque le taux obtenu sur une obligation est le meilleur indicateur du rendement futur. D’un point de vue de construction de portefeuille, il faudra probablement revoir l’allocation aux obligations traditionnelles et intégrer de nouvelles stratégies à la portion à revenu fixe des portefeuilles.

Outre le virus, les marchés sont aussi sensibles à l’évolution des tensions de nombreux pays avec la Chine à la suite de l’imposition unilatérale de la nouvelle loi sur la sécurité à Hong Kong, des accrochages frontaliers avec l’Inde et autres accusations, justifiées ou non, de pratiques commerciales déloyales. Nous ne spéculerons pas sur les motivations géopolitiques de telles actions, mais elles semblent favoriser un alignement des différents pays s’estimant lésés par celles-ci. L’été est généralement une période plus calme sur les marchés avec un volume de transaction plus faible. En 2020, rien n’est pareil toutefois…

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Mai 2020

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De toute évidence, l’impact de la pandémie du coronavirus sur la vie de tout un chacun a monopolisé l’attention des marchés boursiers lors du mois de mai. Alors que les mesures de déconfinement se sont activées graduellement dans le monde, les marchés boursiers d’actions ont poursuivi leur élan positif à l’encontre des statistiques économiques ravagées par l’impact du virus.

Malgré une performance boursière moins spectaculaire que celle du mois d’avril, la cadence du marché fut régulière en mai. Le S&P 500 a produit un rendement de +4,8 % en $US (+3,0 % pour le S&P/TSX). En 20 séances boursières, l’indice a clôturé en hausse 13 fois (le S&P/TSX 14 fois). Les actions internationales ex-É-U. ont également très bien fait avec une performance de +4,4 % en $ US. Conséquemment, « l’indice de peur » des marchés VIX s’est replié au niveau moins menaçant de 27,5. Notons que cet indice a atteint 85,5 le 18 mars dernier, soit légèrement sous la pointe de 89,5 durant la crise financière en 2008. Il se négocie à une moyenne de 17 depuis les 10 dernières années. Signe que tous ne sont pas optimistes, l’Or (valeur refuge) a poursuivi sa progression par 2,5 % en mai portant son gain à 14,0 % pour l’année. L’univers d’obligations canadiennes a produit un rendement de +0,3 % pour le mois, celui des obligations corporatives a été légèrement mieux à +0,6 % alors que les taux d’intérêt sont demeurés relativement inchangés tout au long de la courbe. L’obligation fédérale de 10 ans offre un rendement de +0,54 % au Canada (+0,65 % aux E-U) qui devient négatif lorsque l’on tient compte de l’inflation, ce qui représente une alternative peu intéressante aux placements en actions dont le taux de dividende moyen de l’indice MSCI Monde était de 2,3 % au 31 mai.

Sans surprise, les statistiques économiques ont été éprouvantes en mai. Le mois a mal débuté avec la statistique hebdomadaire sur l’emploi américain qui s’est arrêtée à 3,8 millions de nouvelles pertes d’emplois portant les pertes cumulées à plus de 30 millions et poussant le taux de chômage à plus de 14 % à la fin avril (13 % au Canada). La mise en garde contre une réouverture de l’économie trop rapide par le Dr Anthony Fauci lors de son témoignage devant le Sénat ainsi que l’admission par l’Organisation mondiale de la Santé que le coronavirus pourrait ne jamais disparaitre n’avait pourtant rien pour aider le marché. Nonobstant tout ça, le marché était en mode « Risk On » comme l’impact positif des mesures de déconfinement a supplanté les nouvelles ou statistiques moins encourageantes. Les évaluations boursières reflètent rarement l’état présent de l’économie. Le marché boursier entrevoit une décroissance des profits des entreprises du S&P 500 de l’ordre de -40 % pour le trimestre en cours. La contraction du PIB aux États-Unis est anticipée à -37 % également pour le trimestre en cours, suivi par des rebonds de 16 % et 7 % pour les 3e et 4e trimestres selon les prévisions Bloomberg.

Les projections de la Réserve Fédérale américaine quant au taux de chômage aboutissent à 9,3 % pour la fin 2020, 6,5 % pour 2021 et 5,5 % en 2022 alors que l’économie sera de retour à son niveau d’avant crise. La FED est déterminée à supporter son objectif de maximum d’emploi notamment en conservant les taux d’intérêt inchangés à 0,25 % pour probablement les deux prochaines années, « not even thinking about thinking of raising interest rates » a-t-elle déclarée lors de sa dernière allocution. Des taux d’intérêt bas pour de longues périodes améliorent la rentabilité des projets et soutiennent les prix des actions.

Bien que la nature de la crise ait contribué à accentuer l’écart de performances entre les titres d’actions croissance (technologies, commerce et communications en ligne) et les titres d’actions valeur (financières et cycliques), nous croyons qu’il est important de s’exposer aux deux styles dont la diverge des rendements est de plus de 20 % en 2020. Le style de gestion en fonction de la valeur n’est pas mort, il est tout à fait raisonnable d’acheter à bas prix et vendre à haut prix tout comme d’avoir une exposition cyclique raisonnable pour l’après-coronavirus.

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Avril 2020

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En avril, les marchés ont poursuivi la tendance haussière qui s’était amorcée à la suite du creux du marché boursier du 23 mars. Encore une fois, la performance fut meilleure aux États-Unis qu’ailleurs sur la planète. Le S&P 500 enregistra une hausse de 12,8% (US$) pour le mois ce qui fait remonter la performance sur l’année à -9,3% pour cet indice, ici aussi la moins pire parmi les différentes régions. Au Canada, le rebond du S&P/TSX en avril se chiffre à 10,8% ($C), alors que les actions des pays émergents (MSCI EM, $US) et des pays développés ex-États-Unis (MSCI EAFE $US) enregistraient une hausse de 9,2% et 6,5%, respectivement.

Du côté des obligations, l’univers canadien a remonté de 3,8% alors que le segment corporatif de qualité (BBB et mieux) a eu une performance de 4,8% en avril. Une baisse des taux 10 ans de 0,15% et le resserrement des écarts de crédit ont contribué à cette performance. Toutefois, les écarts de crédit sur les obligations corporatives de qualité canadiennes demeurent tout de même à 1,94% à la fin avril, soit près du double du niveau observé avant la crise.

La performance du marché américain est grandement tributaire de la performance d’un groupe de 5 compagnies composé de Microsoft, Apple, Amazon, Facebook et Alphabet (Google). Celles-ci représentent plus de 20% de la capitalisation de l’indice phare américain du S&P 500 et leur performance sur l’année à la fin avril allait de +23,7% pour Amazon à -1,5% pour Facebook. Bien que certaines de ces compagnies se transigent à des multiples historiquement élevés, elles sont pour l’instant perçues comme des valeurs refuges durant cette crise en raison des services qu’elles offrent, d’un bilan généralement solide ou encore d’une position dominante dans leurs marchés respectifs. La dominance de ces compagnies sur le marché américain est antérieure à la crise actuelle. Toutefois, cette dernière l’accentue et expose encore plus l’écart de performance entre la Bourse américaine et le reste du monde ainsi qu’entre les styles de gestion valeur et croissance que nous observons depuis 2 ans.

Du côté canadien, le rebond s’explique grandement par le secteur des matériaux (+33% en avril) en raison de l’industrie aurifère qui a bondi de 41,8% durant le mois. Par contre, le secteur qui performe le mieux au pays depuis le début de l’année est celui des technologies de l’information avec +29.3% en avril et +24,5% en 2020. Ce secteur est dominé par une compagnie, Shopify, qui est brièvement devenue la plus grande capitalisation boursière canadienne devant la Banque Royale après une performance +71% en 2020. L’impact de ce titre sur l’indice du S&P/TSX est notable. À la fin avril, l’indice canadien avait une performance de -12,36% pour l’année en cours, mais si Shopify est exclu du calcul, la performance diminue de 2,15% pour se situer à -14,51%. Il semble néanmoins y avoir une poussée spéculative importante sur le titre de Shopify, ce dernier se transigeant à plus de 45 fois les ventes. À titre comparatif, Microsoft se transige à environ 10 fois les ventes et ce niveau est considéré relativement élevé.

Cette performance impressionnante des différents marchés arrive en même temps que des statistiques économiques mondiales horribles et sans précédent pour la majorité de la population des pays occidentaux. L’impact des différentes mesures de confinement et l’arrêt brusque de l’économie qui en résulte sont premièrement visibles à travers les statistiques d’emploi. En avril, il s’est perdu 3 millions d’emplois au Canada (20 millions aux États-Unis) élevant le taux de chômage de 4% à 14% (4% à 15% aux États-Unis). Les marchés anticipent une reprise d’ici la fin de l’année. La vision de Goldman Sachs à cet égard illustre bien ce consensus. La banque d’affaires américaine prévoit que le ralentissement sera très important au 2e trimestre suivi d’un rebond modestement élevé au 3e et 4e trimestre et une normalisation en 2021. Du côté de l’emploi, ils anticipent un taux de chômage se situant aux alentours de 9% aux États-Unis à la fin de l’année. Ils assument donc que l’ensemble des mesures fiscales et monétaires annoncées soutiendra l’économie et les travailleurs mis à pied. Cette vision, bien qu’elle soit celle que nous souhaitons, nous semble optimiste en raison des inconnus liés au virus. Le niveau du marché demeurera selon nous très sensible à l’évolution de la situation.

Statistiques

Données économiques canadiennes et américaines